CHAPITRE III
Autre passage du même Hilaire sur le pèche' originel, également hére'tique : vaine défaite de M. Simon.
Voii-A donc la première erreur du diacre Hilaire, approuvée de M. Simon. En voici une autre plus grande : c'est qu'il insiste , dit-il (2} , sur une diverse leçon, (d'un passage de saint Paul), qui semble détruire tout ce qu'on vient d'avancer sur le péché originel ; et c'est en vain qu'il veut excuser ce diacre, sous prétexte que s'il a ôté sans raison , et par une
{}) InRom.r. \i, i3, i4- — {}) P. -i^S. in Rom. \\. p. iZ'j.
affectation manifeste une négation , on ne peut nier qu'il n'y eût alors de semblables exemplaires. Mais cette excuse seroit peut-être recevable, si Hilaire n'avoit pas tiré du texte , visiblement corrompu comme il le lisoit, toutes les mauvaises conséquences qu'on en peut tirer contre la vérité du péché originel, puisqu'il en conclut que la mort du péché n'a point régné sur ceux qui n'ont péché qu'en Adam; qu'ils n'ont contracté que la première mort, qui est celle du corps, et non pas la seconde, qui est celle de l'ame; en sorte a^ils étaient réservés avec Abraham en espérance , et qu'ils ont été dé-^ livrés par l'indulgence du Sauveur , lorsqu'il est des^ cendu dans les enfers (0 : paterno i'Eccato ex Dee
SENTENTIA EKANT APUD InFERNOS : GRATIA DeI AUUW- DAVIT in DESCENSU SalVATORIS omnibus dans INDUI4- GENTIAM, CUM TRIUMPHO SUliLATIS EIS IN CQELUM.
M. Simon croit l'avoir sauvé en disant, qu'on ne peut pas T accuser d'avoir nié le péché originel quil avoit établi peu auparavant (2). Mais c'est assez pour le condamner, qu'il soit de ceux à qui la foi de l'Eglise et la force de la tradition ayant arraché la confession d'un dogme si établi, l'obscurcissent de telle sorte dans la suite, qu'on ne le reconnoît plus dans leurs discours. Car si Hilaire avoit reconnu autant qu'il faut cette corruption de notre origine, il n'auroit pas dit, comme il fait, qu'e/fe n'emporte point la mort de lame (3) , et il auroit encore moins inféré de là, qu'à cet égard un plus grand nombre d'hommes a reçu la vie par Jésus- Christ , qu'il n'y en a eu qui sont morts par le
C«) P. 146. j« Rom. i5. — W P. 137. — (,3) Ibid. in Boni. i5, 18.
péché d'Adam: en supposant, comme il fait partout, que la mort de l'ame n'a pas été universelle ; en quoi il a montré le chemin à Pelage, qui explique comme lui le passage de saint Paul (0.