OBSERVATIONS SERVANT D’INTRODUCTION
Les lectures suivantes avaient été préparées pour deux réunions d’ouvriers, l’une d’apprentis, l’autre d’adultes.
La force nous ayant manqué , elles furent seulement
faites aux premiers quoique tout en les préparant j’eusse aussi en vue les seconds. L’association des bibliothèques d’apprentis, à la demande de laquelle ces lectures sont publiées, est une institution qui promet beaucoup et qui fournit non-seulement de puissants moyens de progrès intellectuel, mais qui augmente le respect personnel et contribue à la moralité de ses membres.
Lorsque j’entrepris cette tâche, je ne pensais qu’à préparer une lecture de longueur ordinaire ; mais je trouvai bientôt que je ne pouvais développer mes vues dans un cadre si étroit. Je me suis donc décidé à écrire en toute liberté , et à faire connaître par la presse les résultats de mon travail , s’ils étaient jugés dignes de publication. Dans cette idée, j’ai examiné certaines questions que je n’ai pas traité dans mon discours, mais qui ne seront pas , je crois , inutiles à ceux qui ne m’auraient pas entendu. Je fais cette déclaration pour qu’on ne m’objecte pas que ces lectures ne sont peut-être pas complètement calculées pour ceux à qui elles ont été faites. En les écrivant pour une classe , j’avais aussi en vue la société tout entière.
Le sujet discuté dans ces lectures étant assez voisin de l’Education personnelle, publiée l’hiver dernier , on trouvera nécessairement une certaine coïncidence de pensée, qu’on rencontre toujours dans les écrits d’un homme qui prend à cœur d’inculquer quelques grands principes. Cependant le point de vue , le genre de discussion, et le choix des considérations diffèrent beaucoup dans les deux productions, et si je ne donnais pas ces nouvelles lectures on ne connaîtrait mon opinion que très imparfaitement.
C’est probablement la dernière occasion que j’aurai
de communiquer avec les ouvriers par la voie de la presse. Il me sera donc permis d’exprimer mon ardent désir pour leur bonheur, et le ferme espoir où je suis qu’ils justifieront la confiance de leurs' amis , et prouveront par leur exemple la possibilité d’unir au travail les perfections qui font honneur à notre nature.