CHAP. II. CE QUI FAVORISE LA DEVOTION. I
La cinquième, c'est la lecture des livres spirituels et dévots. Ils donnent des sujets de considération, ils recueillent le cœur, ils réveillent la dévotion, et font que l'homme pense avec plaisir à ce qu'il a le plus goûté dans une lecture; car ce qui sereprésente avant tout à la mémoire, c'est toujours ce qui abonde dans le cœur.
La sixième, c'est le souvenir continuel de Dieu, le soin de marcher toujours en sa présence, et l'usage de ces courtes oraisons que saint Augustin appelle jaculatoires. Ces oraisons gardent la maison du cœur et conservent la chaleur de la dévotion, dans le sens où nous l'avons dit plus haut; et ainsi l'homme se trouve prêt, à toute heure, à entrer en oraison. C'est là un des principaux documents de la vie spirituelle, et un des plus .puissants remèdes pour ceux qui n'ont ni temps ni endroit favorable pour faire oraison. Celui qui sera toujours tidèle à cette pratique, avancera beaucoup en peu de temps.
La septième est l'assiduité et la persévérance dans les bons exercices, aux endroits et aux temps marqués pour cela , principalement la nuit ou le matin, qui sont les temps les plus
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convenables pour l'oraison, comme toute l'Ecriture nous l'enseigne.
La huitième, ce sont les austérités et les abstinences corporelles, la table pauvre, le lit dur, le cilice et la discipline, et autres mortifications de ce genre. Car, de même que toutes ces choses sont inspirées par un principe de dévotion, de même aussi elles fortifient, elles conservent et elles fécondent la racine d'où elles naissent.
La neuvième, ce sont les œuvres de miséricorde. Elles nous donnent de la confiance pour paraître devant Dieu : comme elles joignent quelques petits services à nos oraisons, celles-ci ne peuvent plus s'appeler de simples demandes sèches; et elles méritent que la prière qui part d'un cœur miséricordieux soit miséricordieusement entendue.