DE SAINT PIERRE DALCANTARA
nom divin et i'iiiustration de la foi catholique.
En effet, outre les éclatants prodiges qui avaient illustré Pierre pendant sa vie, les nombreux miracles par lesquels la Puissance divine se plaisait alors à faire éclater ses mérites, invitaient le Pontife à lui déférer les suprêmes honneurs. C'est pourquoi, sur la renommée toujours croissante de la sainteté de sa vie, de la vénération dont il était l'objet, et des prodiges qu'il opérait, l'examen juridique fut commencé par l'autorité de ce Siège apostolique et par celle de l'Ordinaire.
Quelque temps après , à la prière de Philippe III et de Philippe IV, rois catholiques des Espagnes, sur les instances de presque toutes les provinces qui composent ce royaume, après que toutes les formalités ordinaires eurent été accomplies, la sacrée Congrégation des rites, à qui le Pape Grégoire XV, notre prédécesseur, pontife alors régnant, avait confié la révision de ces procès, répondit par l'organe de Marc-Antoine Gozadinus, de pieuse mémoire, cardinal prêtre du titre de Saint-Eusèbe, et suivant la teneur du rapport présenté par les trois auditeurs des causes du Palais apostolique : que la cause du serviteur de Dieu, Pierre d'Alcantara, avait été examinée à diverses reprises, qu'il constait pleinement de la validité du procès, comme de la renommée de sainteté dont jouissait le serviteur
de Dieu, de la pureté de sa foi, de l'excellence de ses autres vertus, de la vénération qui entourait ses reliques et son tombeau, et enfin de plusieurs miracles; qu'en conséquence, si le Souverain Pontife l'approuvait, le même Pierre, personnage saint régnant dans les cieux, pouvait être proposé à la vénération des fidèles, par la solennité de la canonisation, A la même époque, l'évéqued'Avila ayant consacré une nouvelle chapelle, y fit transférer le saint corps, d'où s'échappait une odeur très-sauve, au milieu d'un grand concours de personnages de la plus haute distinction^ qui se disputaient l'honneur de ployer leurs épaules sous ce glorieux fardeau.