‹ Œuvres; théâtre et mémoiresChapitre 113 sur 317 · ACTE lit, SCÈNE Xî · texte numérisé non relu

ACTE lit, SCÈNE Xî

m'aviez chargé de venir donner une leçon de musique à votre place.

bazile, plus étonné. — La leçon de musique!... Alonzo!...

ROSINE, à part, à Bazile. — Eh! taisez-VOUS. y

bazile. — Elle aussi!

le comte, bas a. Barthoio. — Dites-lui donc tout bas que nous en sommes convenus.

bartholo, à Bazile, à part. — N'allez pas nous démentir, Bazile, en disant qu'il n'est pas votre élève, vous gâteriez tout.

bazile. — Ah ! ah !

bartholo, haut. — En vérité, Bazile, on n'a pas plus de talent que votre élève.

bazile, stupéfait. — Que mon élève ! (bas.) Je venais pour vous dire que le comte est déménagé.

bartholo, bas. — Je le sais, taisez-vous.

BAZILE, bas. — Qui vous l'a dit?

bartholo, bas. — Lui, apparemment!

le comte, bas. — Moi, sans doute : écoutez seulement.

rosine, bas à Bazile. — Est-il si difficile de vous taire?

figaro, bas à Bazile. — Hum ! grand escogriffe ! Il est sourd !

bazile, à part. — Qui diable est-ce donc qu'on trompe ici! Tout le monde est dans le secret.

bartholo, haut. — Eh bien! Bazile, votre homme de loi?

figaro. — Vous avez toute la soirée pour parler de l'homme de loi.

bartholo, à Bazile. — Un mot; dites-moi seulement si vous êtes content de l'homme de loi?

bazile, effaré. — De l'homme de loi?

le comte, souriant. — Vous ne l'avez pas vu, l'homme de loi?

bazile, impatienté. — Eh! non, je ne l'ai pas vu, l'homme de loi!

LE COMTE, à Bartholo, à part. — Voulez-VOUS donc qu'il s'explique

ici devant elle? Renvoyez-le.

bartholo, bas au comte. — Vous avez raison, (a Bazile.) Mais quel mal vous a donc pris si subitement?

bazile, en colère. — Je ne vous entends pas.

LE COMTE lui met, à part, une bourse dans la main. — Oui : monsieur

vous demande ce que vous venez faire ici dans l'état d'indisposition où vous êtes.

figaro. — Il est pâle comme un mort.

bazile. — Ah! je comprends...

le comte. — Allez vous coucher, mon cher Bazile : vous n'êtes pas bien, et vous nous faites mourir de frayeur. Allez vous coucher!

figaro. — Il a la physionomie toute renversée. Allez vous cou* cher!...

bartholo. — D'honneur, il sent la fièvre d'une lieue. Allez vous coucher!

rosine. — Pourquoi donc êtes-vous sorti? On dit que cela se gagne. Allez vous coucher!

BAZILE, .au deruier étonnement. — Que j'aille me COUCher?

tous les acteurs ensemble. — Eh! sans doute.

bazile, les regardant tous. — En effet, messieurs, je crois que je ne ferais pas mal de me retirer; je sens que je ne suis pas ici dans mon assiette ordinaire.

bartholo. — A demain, toujours, si vous êtes mieux.

le comte. — Bazile, je serai chez vous de très bonne heure.

figaro. — Croyez-moi, tenez-vous bien chaudement dans votre lit.

rosine. — Bonsoir, monsieur Bazile.

bazile, à part. — Diable emporte, si j'y comprends rien; et sans cette bourse...

tous. — Bonsoir, Bazile, bonsoir.

BAZILE, en s'en allant. — Eh bien! bonsoir donc, bonsoir. (Ilsl'accompagnent tous en riant.)

Page 1