‹ Œuvres; théâtre et mémoiresChapitre 145 sur 317 · SCÈNE X. — CHERUBIN, SUZANNE, FIGARO, LA COMTESSE · texte numérisé non relu

SCÈNE X. — CHERUBIN, SUZANNE, FIGARO, LA COMTESSE

LE COMTE, FANCHETTE, BAZILE, beaucoup de valets, paysannes, paysans vêtus de blanc.

FIGARO, tenant une toque de femme, garnie de plumes blanches et de ruban3

blancs, parie à la comtesse. — Il n'y a que vous,vmadame, qui puissiez nous obtenir cette faveur.

la comtesse. — Vous les voyez, monsieur le comte, ils me supposent un crédit que je n'ai point; mais comme leur demande n'est pas déraisonnable...

le comte, embarrassé. — Il faudrait qu'elle le fût beaucoup...

FIGARO, bas à Suzanne. — Soutiens bien mes efforts.

suzanne, bas à Figaro. — Qui ne mèneront à rien.

FIGARO bas. — Va toujours.

LE COMTE, à Figaro. — Que VOUlez-VOUS?

FIGARO. — Monseigneur, vos vasseaux, touchés de l'abolition d'un certain droit fâcheux que votre amour pour madame...

le comte. — Eh bien! ce droit n'existe plus, que veux-tu dire?

figaro, malignement. — Qu'il est bien temps que la vertu d'un si bon maître éclate; elle m'est d'un tel avantage aujourd'hui, que je désire être le premier à la célébrer à mes noces.

le comte, plus embarrassé. — Tu te moques, ami! L'abolition d'un droit honteux n'est que l'acquit d'une dette envers l'honnêteté. Un Espagnol peut vouloir conquérir là beauté par des soins, mais en exiger le premier le plus doux emploi, comme une servile redevance, ah! c'est la tyrannie d'un Vandale, et non le droit avoué d'un noble Castillan.

FIGARO, tenant Suzanne par la main. — Permettez donc que Cette jeune

créature de qui votre sagesse a préservé l'honneur- reçoive de votre main, publiquement, la toque virginale, ornée de plumes et de rubans blancs, symbole de la pureté de vos intentions... Adpptez-en la cérémonie pour tous les mariages, et qu'un quatrain chanté en chœur rappelle à jamais le souvenir...

le comte, embarrassé. — Si je ne savais pas qu'amoureux, poète et musicien sont trois titres d'indulgence pour toutes les folies...

figaro. — Joignez-vous à moi, mes amis".

tous, ensemble. — Monseigneur! monseigneur!...

Suzanne, au comte. — Pourquoi fuir un éloge que vous méritez si bien?

lf comte, à part. — La perfide !

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