‹ Œuvres; théâtre et mémoiresChapitre 246 sur 317 · ACTE II, SCÈNE V · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE V

SCÈNE IV. — FIGAttO, LA COMTESSE, LE COMTE, FLORESTINE, BEGEARSS. La comtesse en robe à peigner.

figaro, annonçant. — Madame la comtesse.

BEGEARSS jette un regard furieux sur Figaro. A part. — Au diable le

faquin!

la comtesse, au comte. — Figaro m'avait dit que vous vous trouviez mal; effrayée, j'accours, et je vois...

le comté. — ... Que cet homme officieux vous a fait encore un mensonge.

figaro. — Monsieur, quand vous êtes passé, vous aviez un air si défait... Heureusement, il n'en est rien. (Bégearss l'examine.)

la comtesse. — Bonjour, monsieur Bégearss... Te voilà, Florestine; je te trouve radieuse... Mais yoyez donc comme elle est fraîche et belle. Si le ciel m'eût donné une fille, je l'aurais voulue comme toi, de figure et de caractère... Il faudra bien que tu m'en tiennes lieu. Le veux-tu, Florestine?

FLORESTINE, lui baisant la main. — Ah! madame !

la comtesse. — Qui t'a donc fleurie si matin? florestine, avec joie. — Madame, on ne m'a point fleurie; c'est moi qui ai fait des bouquets. N'est-ce pas aujourd'hui saint Léon? la comtesse. — Charmante enfant, qui n'oublie rien! (Elle la baise

au front. Le comte fait un geste terrible; Bégearss le retient.)

la comtesse, à Figaro. — Puisque nous voilà rassemblés, avertissez mon fils que nous prendrons ici le chocolat.

florestine. — Pendant qu'ils vont le préparer, mon parrain, faites-nous donc voir ce beau buste de Washington, que vous avez, dit-on, chez vous.

le comte. — J'ignore qui me l'envoie; je ne l'ai demandé à personne ;*et sans doute il est pour Léon. Il est beau; je l'ai là dans

mon cabinet : Venez tOUS. (Bégearss, en sortant le dernier, se retourne deux fois pour examiner Figaro, qui le regarde de même. Ils ont l'air de se menacer sans parler.)

*iCÈNE V. — FIGARO, seul, rangeant la table et les tasse» pour le déjeuner.

Serpent ou basilic, tu peux me mesurer, me lancer des regards affreux! Ce sont les miens qui te tueront!... Mais où reçoit-il ses paquets? Il ne vient rien pour lui, de la poste à l'hôtel! Est-il moulé seul de l'enfer?... Quelque autre diable correspond!... Et moi, je ne puis découvrir...

Beaumarchais.

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