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ACTE III, SCÈNE lit

et mon esprit sont d'accord sur ce point, et c'est à moi de la déterminer. Par là, nos secrets sont couverts ; nul étranger ne les pénétrera. Après vingt années de souffrances, nous passerons des jours heureux, et c'est à vous, mon digne ami, que ma famille les devra.

bégearss élevant la voix. — Pour que rien ne les trouble plus, il faut encore un sacrifice, et mon amie est digne de le faire.

la comtesse. — Hélas ! je veux les faire tous.

bégearss l'air imposant. — Ces lettres, ces papiers d'un infortuné qui n'est plus, il faudra les réduire en cendres.

LA COMTESSE avec douleur, — Ah ! Dieu !

bégearss. — Quand cet ami mourant me chargea de vous les remettre, son dernier ordre fut qu'il fallait sauver votre honneur, en ne laissant aucune trace de ce qui pourrait l'altérer.

la comtesse. — Dieu! Dieu!

bégearss. — Vingt ans se sont passés sans que j'aie pu obtenir que ce triste aliment de votre éternelle douleur s'éloignât de vos yeux. Mais, indépendamment du mal que tout cela vous fait, voyez quel danger vous courez!

la comtesse. — Eh! que peut-on avoir à craindre?

BÉGEARSS regardant si on peut l'entendre. (Parlant bas.) Je ne Soupçonne

point Suzanne; mais une femme de chambre, instruite que vous conservez ces papiers, ne pourrait-elle un jour s'en faire un moyen de fortune? Un seul remis à votre époux, que peut-être il payerait bien cher, vous plongerait dans des malheurs. la comtesse. — Non; Suzanne a le cœur trop bon...

BÉGEARSS d'un ton plus élevé, très ferme. — Ma respectable amie, VOUS

avez payé votre dette à la tendresse, à la douleur, à vos devoirs de tous les genres; et si vous êtes satisfaite de la conduite d'un ami, j'en veux avoir la récompense. Il faut brûler tous ces papiers, éteindre. tous ces souvenirs d'une foute autant expiée! Mais, pour ne jamais revenir sur un sujet si douloureux, j'exige que le sacrifice en soit fait dans ce même instant.

la comtesse tremblante. — Je crois entendre Dieu qui parle! Il m'ordonne de l'oublier, de déchirer le crêpe obscur dont sa mort a couvert ma vie. Oui, mon Dieu! je vais obéir à cet ami que vous m'avez donné. (Elle sonne.) Ce qu'il exige en votre nom, mon repentir le conseillait; mais ma faiblesse a combattu.

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