‹ Œuvres; théâtre et mémoiresChapitre 270 sur 317 · SCÈNE VIII. - LA COMTESSE, LÉ COMTE, BÉGEARSS · texte numérisé non relu

SCÈNE VIII. - LA COMTESSE, LÉ COMTE, BÉGEARSS

Le comte d'an ton sérieux. — Madame, nous sommes seuls.

bégearss encore ému. — C'est moi qui parlerai. Je subirai cet interrogatoire." M'avez-vous vu, monsieur, trahir la vérité dans quelque occasion que ce fût?

le comte sèchement. — Monsieur... je ne dis pas cela.

312 LA MÈIIE COUPABLE

bégearss tout à fait remis. — Quoique je sois loin d'approuver cette inquisition peu décente, l'honneur m'oblige à répéter ce que je disais ù madame, en répondant à sa consultation :

<( Tout dépositaire de secret ne doit jamais jamais conserver de papiers s'ils peuvent compromettre un ami. qui n'est plus, et qui les mit sous notre garde. Quelque chagrin qu'on ait à s'en défaire, et quelque intérêt même qu'on eût à les garder, le saint respect des morts doit avoir le pas devant tout. » (n montre le comte.) Un accident inopiné ne peut-il pas en rendre un adversaire possesseur?

(Le comte le tire par la manche pour qu'il ne pousse pas l'explication plus loin).

Auriez-vous dit, monsieur, autre chose en ma position? Qui cherche des conseils timides, ou le soutien d'une faiblesse honteuse, ne doit point s'adresser à moi! vous en avez des preuves Vun et l'autre, et vous surtout, monsieur le comte ! (Le comte lui fait un signe.) Voilà sur la demande que m'a faite madame, et sans chercher à pénétrer ce que contenaient ces papiers, ce qui m'a fait lui donner un conseil pour la sévère exécution duquel je l'ai vue manquer de courage; je n'ai pas hésité d'y substituer le mien, en combattant ses délais imprudents. Voilà quels étaient nos débats ; mais, quelque chose qu'on en pense, je ne regretterai point ce que j'ai dit, ce que j'ai fait, (il lève les bras.) Sainte amitié I tu n'es rien qu'un vain titre, si l'on ne remplit pas tes austères devoirs ! — Permettez que je me retire.

le comte exalté. — 0 le meilleur des hommes! Non, vous ne nous quitterez pas. — Madame, il va nous appartenir de plus près; je lui donne ma Florestine.

la comtesse avec vivacité. — Monsieur, vous ne pouviez pas faire nu plus digne emploi du pouvoir que la loi vous donne sur elle. Ce choix a mon assentiment si vous le jugez nécessaire; et le plus tôt vaudra le mieux.

le comte hésitant. — Eh bien!... ce soir... sans bruit... Votre aumônier.

la comtesse avec ardeur. — Eh bien, moi qui lui sers de mère, je vais la préparer à l'auguste cérémonie : mais laisserez- vous votre ami seul généreux envers ce digne enfant? J'ai du plaisir à penser le contraire.

le comte embarrassé. — Ah! madame... croyez...

la comtesse avec joie. — Oui, monsieur, je le crois. C'est aujourd'hui la fête de mon fils ; ces deux événements réunis me rendent cette journée bien chère. (Elle sort.)

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