SCÈNE II. — BÉGEARSS, FIGARO
bégearss raillant. — Eh ! Eh ! c'est mons Figaro ! La place est agréable, puisqu'on y retrouve monsieur.
figaro du même ton. — Ne fût-ce que pour avoir la joie de l'en chasser une autre fois.
bégearss. — De la rancune pour si peu? Vous êtes bien bon d'y songer! chacun n'a-t-il pas sa manie?
figaro. — Et celle de monsieur est de ne plaider qu'à huis clos.
bégearss lui frappant sur l'épaule. — Il n'est pas essentiel qu'un sage entende tout, quand il sait si bien deviner.
figaro. — Chacun se sert des petits talents que le ciel lui a départis.
bégearss. — Et Vintrigant compte-t-il gagner beaucoup avec ceux qu'il nous montre ici?
figaro. — Ne mettant rien à la partie, j'ai tout gagné... si je fais perdre Vautre.
bégearss piqué. — On verra le jeu de monsieur.
figaro. — Ce n'est pas de ces coups brillants qui éblouissent la galerie, (n prend un air niais.) Mais chacun pour soi; Dieu pour tous, comme a dit le roi Salomon.
bégearss souriant. — Belle sentence ! N'a-t-il pas dit aussi : Le soleil lui pour tout le monde*!
figaro fièrement. — Oui, en dardant sur le serpent prêt à mordre la main de son imprudent bienfaiteur! (n sort,)