ACTE II, SCÈNE IV
LE ROI
Mon Dieu non, je me nomme...
{A part.)
— Voyons ?. . .
{Il cherche.)
Gaucher Mahiet. — Je suis un écolier... Très-pauvre...
DAME BERARDE, occupéc CTi cc moment même à compter l'argent qu'il lui a donné.
Est-il menteur !
(Entrent dans la rue M, de Pienne et M. de Pardaillanj enveloppés de manteaux , une lanterne sourde à la main.)
M. DE PIENNE, tas à M. de Pardaillan.
Cest ici, chevalier !
DAME BÉRARDE, bos ct descendant précipitamment la
terrasse.
J'entends quelqu'un dehors.
fii.ANCH£ , effrayée.
C'est mon père peut-être !
DAME BERARDE, OU Roi.
Partez, monsieur!
LE ROI
Que n ai-je entre mes mains le traître Qui me dérange ainsi !
98 LE ROI s'amuse.
BLANCHE , à dame Bérarde.
Fais-le vite passer Par la porte du qiiai.
LE ROI , à Blanche.
Quoi ! déjà te laisser !
M'aimeras-tu demain ?
BLANCHE
Et VOUS ?
LE ROI
Ma vie entière !
Ah ! VOUS me tromperez , car je trompe mon père !
LE ROI
Jamais ! — Un seul baiser , Blanche , sur tes beaux yeux.
DAME BERAR^DE , à part.
Mais c'est un embrasseur tout-à-fait furieux ! BLANCHE , faisant quelque résistance.
Non! non!
{Le Roi l'embrasse, et rentre avec dame Hcrarde dans la maison.)
{Blanche reste quelque temps les yeux fixés sur la porte par oit il est sorti; puis elle rentre ellemême. Pendant ce temps-là , la rue se peuple de gentilshommes armés, couverts de manteaux et masqués. M. de Gordes j M. de Cossé, MM. de Montchenu , de Brion et de Montmorency , Clé-