‹ Œuvres: théâtre et poésiesChapitre 144 sur 145 · LA FEMME · texte numérisé non relu

LA FEMME

Ah ! calmez-vous. Si c'est pour crier de plus belle , On va vous remmener.

TRIBOULET, égaré.

Non , non ! laissez ! —

( Saisissant Blanche dans ses bras. )

Je croi

j Qu'elle respire encore ! elle a besoin de moi! Allez vite chercher du secours à la ville. Laissez-la dans mes bras, je serai bien tranquille.

( // la prend tout-à-fait sur lui et l'arrange comme une mère son enfant endormi. ) Non ! elle n'est pas morte ! oh ! Dieu ne voudrait pas. Car enfin il le sait, je n'ai qu'elle ici-bas.

196 LE ROI s'amuse.

Tout le monde vous hait quand vous êtes difforme , On vous fuit , de vos maux personne ne s'informe , Elle m'aime , elle ! — elle est ma joie et mon appui Quand on rit de son père , elle pleure avec lui. Si belle et morte! oh ! non ! — Donnez-moi quelque chose Pour essuyer son front. —

( // lui essuie le front. )

Sa lèvre est encor rose.

Oh ! si vous l'aviez vue , oh ! je la vois encor Quand elle avait deux ans avec ses cheveux d'or ? Elle était blonde alors ! —

( La serrant sur son cœur avec emportement. )

0 ma pauvre opprimée !

Ma Blanche ! mon bonheur ! ma fille bien-aimée ! — Lorsqu'elle était enfant , je la tenais ainsi. Elle dormait sur moi , tout comme la voici ! Quand elle s'éveillait , si vous saviez quel ange ! Je ne lui semblais pas quelque chose d'étrange , Elle me souriait avec ses yeux divins , Et moi je lui baisais ses deux petites mains ! Pauvre agneau ! — Morte , oh non ! elle dort et repose. Tout à l'heure , messieurs , c'était l)ien autre chose , Elle s'est cependant réveillée. — Oh ! j'attend. Vous l'allez voir rouvrir ses yeux dans un instant î Vous voyez maintenant, messieurs, que je raisonne. Je suis tranquille et doux^ je noffeiise^ejraqune , Puisque je ne fais rien de ce qu'on me défend , On peut bien me laisser regarder mou enfant.

( // la contemple. )

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