ACTE PREMIER
Uoe fêle d« uuit au Louvre. Salles rnagDïGques pleines <rboninies et et Ceaoies en parure. Flambeaux , musique , danses , éclats de rire.
— Des valets portant des plats d'or et des vaisselles d'émail, des groupes de seigneurs et de dames passent et repassent sur le théâtre.
— Lf fête tire à sa fin ; l'aube blanchit les vitraux. Une certaine liberté règne ; la fêle a un peu le caractère d'une orgie. — Dans l'architecture , dans les amcubicmcns , dans les vctemens , le goût de U renaisHDce.
SCÈIVE PBEMIÈRK.
LE ROI — comme l'a peint Titien. — M. DE LA TOUR-LANDRY.
LE ROI
Comte, je veux mener à fin celle aventure. Une femme bourgeoise , et de naissance obscure , Sans doute, mais charmante !
M. DE LA TOUR-LANDRY
Et VOUS la rencontrez Le dimanche à l'église ?
LE ROI
A Saint-Germain-des-Prés.
J'y vais chaque dimanche.
M. DE LA TOUR-LANDRY
Et voilà tout à l'heure Deux mois que cela dure ?
LE ROI
Oui.
M. DE LA TOUR-LANDRY
La belle demeure ?..
LE ROI
Au cul-de-sac Bussy.
M. DE LA TOUR-LANDRY
Près de l'hôtel Cossé ?
LE ROI , avec un signe affirmatif.
Dans l'endroit où l'on trouve un grand mur.
M. DE LA TOUR-LANDRY
Ah ! je sai.
Et VOUS la suivez , sire ?
LE ROI
Une farouche vieille Qui lui garde les yeux, et la bouche et l'oreille, Est toujours là.
M. DE LA TOUR-LANDRY
Vraiment ?
LE ROI
Et le plus curieux , C'est que le soir , un homme , à l'air mystérieux , Très-bien enveloppé , pour se glisser dans l'ombre , D'une cape fort noire et de la nuit fort sombre , Entre dans la maison.