ACTE II, SCÈ:fE I
l'homme, à Trihoulet.
Monsieur, ne pensez pas mal de moi , je tous prie.
TRIBOULET
Non. Que diable, il faut bien avoir une industrie !
l'homme.
A moins de mendier , et d'être un fainéant , Un gueux. — J'ai quatre enfans. . .
Qu'il serait malséant De ne pas élever... —
( Le congédiant. )
Le ciel vous tienne en joie !
M. DE PiEKNE, à M. de Gordes , au fond , montrant Triboulet.
11 fait grand jour encor , je crains qu'il ne nous voie.
( Tous deux sortent. )
TRIBOULET, à Vhomme.
Bonsoir !
l'homme , le saluant.
Adiusias. Tout votre serviteur.
( // sort. )
TRIBOULET , le regardant s'éloigner.
Nous sommes, tous les deux à la même hauteur.
Une langue acérée, une lame pointue.
Je suis rhomme qui rit , il est l'homme qui tue.
LK ROI S AMLSE.
SCÉIVE DEUXIÈME.
{L'homme disparu , Triboulet ouvre doucement la petite porte pratiquée dans le mur de la cour ; il regarde au-dehors avec précaution , puis il tire la clef de la serrure , et referme soigneusement la porte en dedans ; il fait quelques pas dans la cour d'un air soucieux et préoccupé.)
TRIBOULET, SCul.
Ce vieillard m'a maudit !.. — Pendant qu'il me parlait, Pendant qu'il me criait : — Oh! sois maudit, valet ! — Je raillais sa douleur , — oli , oui ! j'étais infâme , Je riais , mais j'avais l'épouvante dans l'âme. —
(// va s'asseoir sur le petit banc près de la table de pierre.) Maudit!
( Profondément rêveur et la main sur son front. )
Ah ! la nature et les hommes m'ont fait Bien méchant, bien crijel et bien lâche en effet ! 0 rage ! ^tre houflbn ! 6 rage ! être difforme ! Toujours cette pensée! et, qu'on veille ou qu'on dorm» Quand du monde en rêvant vous avez fait le tour. Retomber sur ceci : Je suis bouffon de cour ! Ne vouloir , ne pouvoir, ne devoir et ne faire Que rire ! — Quel excès d'opprobre et de misère ! Quoi ! ce qu'ont les soldats , ramassés en troupeau Autour de ce haillon qu'ils appellent drapeau ,