BLANCHE, DAME BÉRARDE, LE ROL
( Pendant la première partie de la scène , le Roi reste caché derrière V arbre. )
BLANCHE, pensive, écoutant les pas de son père , qui s'éloigne.
J'ai du remords, pourtant !
DAME Be'rARDE.
Du remords ! et pourquoi ?
BLANCHE
Comme à la moindre chose il s'efFraie et s'alarme !
En partant, dans ses yeux j'ai vu luire une larme. >tjt;
Pauvre père ! si bon ! j'aurais dû l'avertir Gr- / €>
Oue le dimanche , à l'heure où nous ])ouvons sortir,
l II jeune homme nous suit. — Tu sais,cebeau jeunehomme.
DAME BERARDE.
Pourquoi donc lui conter cela, madame? en somme , \ otre père est un peu sauvage et singulier. Vous haïssez donc bien ce jeune cavalier?
BLANCHE
n le haïr î oh non ! — Hélas ! bien au contraire , mis que je l'ai vu rien ne peut m'en distraire . jour où son regard à mon regard parla , reste nest plus rien , je le vois toujours là ,
90 LE ROI SAMDSE.
Je suis à lui ! vois-tu, je m'en fais une idée... — Il me semble plus grand que tous d'une coudée ! Comme il est brave et doux ! comme il est noble et fier ! Bérarde ! et qu'à cheval il doit avoir bel air !
DAME B£BÂRDE.
C'est vrai qu'il est charmant !
(Elle passe près du Roi , qui lui donne une poignet de pièces d'or, qu'elle empoche. )
Un tel homme doit être. . .
DAME be'rarde, tendant la main au Roi, qui lui donne toujours de l'argent. )
Accompli.
BLANCHE
Dans ses yeux on voit son cœur paraître. Un grand cœur !
DAME BERARDE.
Certe , un cœur immense !
( j4 chaque mot que dit dame Bérarde j elle tend la main au Roi, qui la lui remplit de pièces d'or.)
BLANCHE
Valeurexix."^ DAME BERARDE, Continuant SOH manège.
Formidable !
BLANCHE
Et pourtant. . . bon.