ACTE II, SCENE VII
A présent, j'ai de l'or, — pas beaucoup, mais assez ! —
Quant au chef, ce devrait être moi ; mais je sais
Que je ne pourrais pas!... Vois ma mine flétrie.
Regarde ! Suis-je né pour la chevalerie?
Une armure m'étouffe, et ce bras faible et gourd
Trouve, hélas ! qu'une épée est un fardeau trop lourd.
Aussi, j'ai dû chercher un autre capitaine
Qui rendît pour les lis la victoire certaine.
Je savais ta vaillance et ta haute vertu,
Et je t'ai fait venir pour te dire : « Veux-tu? »
DU guesclin, tombant à genoux.
Sire, vous êtes grand ! J'accepte, et je vous aime'.
LE ROI, vidant la fiole.
Je vivrai donc... Viens dans mes bras.
Le Roi et Du Guesclin s'embrassent.
Dès ce jour même, Nous allons commencer notre œuvre. Tu verras ! Je serai la pensée, et tu seras le bras. Et je sens naître en moi cette mâle assurance Qu'à nous deux nous allons ressusciter la France!
Il va au fond, et appelle les seigneurs qui sont restes dans l'antichambre.
Entrez, tous !