ACTE Vj SCÈNE XII
Mais que vois-je? Olivier!... Olivier, je te parle... Son frère!...
CLOTILDE
Mon Dieu !
DU G UESCLIN.
Mort?
OLIVIER, avec égarement.
Ne dites pas cela...
Car sa main n'est pas froide encore... Touchez-la. Mais non, la tache au front !... Voyez ses lèvres blanches!... Le chêne de Mauny perd quatre de ses branches. Encore un qu'il faudrait coudre dans le linceul ? Tu mourrais, Alain?... Quoi! tu me laisserais seul? Ah! je les aimais tous, mais ce coup est le pire. J'étouffe!... Mais pourtant son cœur bat... il respire... Il parle...
ALAIN, d'une voix faible.
Mon bon frère Olivier!...
OLI VI ER
Non, tais-toi...
Tu guériras... Aussi je me disais : Pourquoi
i'~ii i, A GUERRE DE CENT ANS.
Dieu me reprendrait-il mon Alain que j'adore? Non, vous voyez... il vit... Tu veux parler encore, Alain?... N'ouvre donc pas ainsi ton grand œil bleu!
ALAIN, te soulevant, avec effort.
J'ai tué le Bâtard... Clotilde est libre... Adieu!
// meurt.
OLIVIER, se relevant, terrible.
Ah ! mort ! mort ! cette fois !
Il se jette en sanglotant dans les bras de Du Guescin. clotilde. s' agenouillant, et baisant Alain au front.
Hélas! fleur tôt flétrie,
Lis pur, va refleurir dans !e ciel, ta patrie!
A ce moment le ciel s'ouvre, et dans les nuages se reproduit l'apparition du tableau précèdent. Mais le spectre d'Alain est dans les bras d'Engucrrand de Mauny.
DU CUESCLIN, à Oïix'ur.
O mes braves Mauny, tous sont morts en soldats, Et tu les pleures tous, toi qui les précédas !... Mais la patrie est comme une terre épuisée Qui veut le sang des siens pour unique rosée