SCÈNE VII. tfj
une admiration douloureuse; puis elle laisse tomber sa tète dans ses mains et fond en larmes. Filippo s'en aperçoit enfin et s'écrie :
Que vois-je? vous pleurez!
Ainsi je fais pleurer, moi qui faisais tant rire! N'est-ce pas qu'on dirait une voix qui soupire? Et n'est-ce pas que l'art est consolant et beau, Puisque ce malheureux bossu, ce Filippo Qu'ils accablaient tantôt de rires et de pierres, A pu faire germer des pleurs sous vos paupières? Oh ! non, je ne suis plus le paria d'hier, J'ai le droit de lever la tête et d'être fier : Je vous ai fait pleurer! mais ceci me dispense, Giannina, d'autre gloire et d'autre récompense, Et nul prix ne serait pour moi plus précieux Que les chers diamants qui tombent de vos yeux!
GIAXNI K A.
Arrêtez... Je ne puis vous tromper davantage. Je comprends votre orgueil d'artiste et le partage Comme j'ai partagé naguère vos douleurs; Mais ce n'est pas cela qui fait couleur mes pleur.
FILIPPO
Et qu'est-ce donc?
Uo IE IUTHIEI DE CREMONE.
Je vais vous faire de la peine; Mais vous aurez pitié de moi, j'en suis certaine, Quand ie vous aurai dit, mon bon, mon vieil ami, Que ("avais un amour dans le cœur, que parmi Les rivaux je rêvais le succès pour un autre... Et que tout mon bonheur est détruit par le vôtre.
FILIPTO.
Ah!