‹ Œuvres. ThéâtreChapitre 58 sur 191 · SCENE XIII · texte numérisé non relu

SCENE XIII

SAxdro, entrant précipitamment par h fond, dans le plus grand trouble.

Filippo ! Filippo !

Quoi ! des pleurs dans tes yeux ! ta figure blèmie ! Que t'arrive-t-il donc?

S AN D RO

J'ai fait une infamie.

Je suis un scélérat... Pardon !... Pardon !... Pardon!

FILIPPO

Qui ? Moi, te pardonner, mon ami ? Eh quoi donc ?

SAN DR o.

Vois-tu ! je l'aimais trop., j'avais l'âme obsédée !... Et je ne pouvais pas me faire à cette idée Qu'un rival, quel qu'il fût, pût me vaincre à ses yeux. Je suis un misérable, un lâche, un envieux... Lorsque j'eus ton chef-d'œuvre en mes mains, c'est infâme- Mais la tentation se glissa dans mon âme ; J'avais le cœur perdu de rage et de douleur, J'ai cédé !... Près d'ici, tremblant comme un voleur. Sous l'ombre d'un portail des ruelies étroites, Filippo, j'ai changé nos violons de boîtes !

FILIPPO

Toi?

Je les ai portés devant les luges, puis, Au moment où l'expert ouvrait les deux étuis.

BCEMEXIII, f

Ah ! je n'ai pas pu voir cela., j'ai pris la fuite. Venge-toi ! Devant tous dévoile ma conduite ! Mais qu'elle n'en soit pas, par pitié, le témoin ! Je t'écrirai l'aveu du crime, et puis bien loin Je m'en irai mourir, car la honte est mortelle... Mais ne m'oblige pas à rougir devant elle !

Il tombe à genoux.

FUIPPO.

Non, Sandro, je n'ai pas besoin de me venger. Ton propre châtiment, tu viens de t'en charger.

Que dis-tu ?

5ANDRÛ.

FILIPPO

Cette gloire, à mon chef-d'œuvre due, Je te l'avais cédée, et tu me l'as rendue.

s AN d ro.

Comment ?

• Ces instruments, que ta main échangea, Moi-mC-me je les ai changés d'étuis déjà.

BIBUQTHÊCA

~ t avians'a

1 00 L F. LUTHIER D T. CREMCNE.

SAHDHO

Qu'entends-je ! mon remords n'ose comprendre cnc Pourquoi Pavais-tu fait ?

Parce que je l'adore, Et parce que c'est loi que l'enfant préférait; Et si j'ai le cœur plein d'un douloureux regret, Si de ton action je te cherche querelle, C'est qu'elle anéantit ce que j'ai fait pour elle.

5 A x D R O , se relevant.

Non, j'ai commis un crime, et je m'en veux punir. Dis un mot. et je pars pour ne plus revenir. Si Giannina m'oublie., eh bien ! je me résigne... Tu t*en feras aimer, car toi seul en es digne... Je pars .. fe dois partir...

Tumul'e au dehors.

FIIIPPO.

Non. Rîste. Obéis-moi !

SClXE XIV.

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