ACTE I, SCÈNE IV
Qu'il vous protège ou non, ce lâche et cet avare! Et mon seul suzerain, c'est Charles de Navarre.
CLOTILDE
Oui, l'ami des Anglais!
LE BATARD
Je n'obéis qu'à lui.
CLOTILDE
Vous êtes des félons tous deux, car aujourd'hui On vous voit, pour servir une basse rancune, Avec nos ennemis faire cause commune!
LE BATARD
J'imite la victoire... elle suit leurs clairons.
CLOTILDE
La victoire est changeante, et nous la re verrons!
LE BATARD
Par Crécy, par Poitiers, l'avenir se devine.
CLOTILDE
N'avons-nous pas aussi Taillebourg et Bouvine?
LE BATARD
Philippe et Louis neuf furent de très grands rois;
Mais comparez-les donc à Charles de Valois,
Ce malade, ce clerc qui tremble dans son Louvre !
CLOTILDE
Sa faiblesse est peut-être un masque dont il couvre Des projets dont l'Anglais un jour s'étonnera!
LE BATARD
Soit! Gardez cet espoir. Mais, quand ce jour viendra. Quelle armée aurez-vous? Les fuyards de la veille.
CLOTILDE
Laissez faire ! Qui sait si le soldat qui veille A son créneau n'esî pas le héros de demain?
LE BATARD
L'Angleterre est puissante. Elle tient dans sa main Cette France, avec qui la gloire a fait divorce. Si vous avez le droit, nous, nous avons la force, Et cela vaut mieux.
Clotilde, àè.iaigueuse.
Lâche !