‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 146 sur 160 · TOUTE MON AME · texte numérisé non relu

TOUTE MON AME

Depuis le jour où je suis né, Songeur que Dieu voulut élire Pour unir son chant obstiné A la mystérieuse Lyre,

Tu m'as aimé, tu m'as guéri,

Tu m'as donné, dans tes alarmes.

Avec ton lait qui m'a nourri.

Tant de chers baisers, tant de larmes !

Par toi j'ai pu vivre et penser, Tu fus ma nourrice et mon Ange, Et moi, pour te récompenser, Qu'ai-je à te donner en échange?

Pour toi, source de tout mon bien.

Gardienne attentive et charmée, Je n'ai rien, pas même ce rien Que l'on appelle renommée.

Je n'ai rien, lorsque c'est mon tourl Je n'ai rien, cœur brûlé de flamme.

Que ma tendresse et mon amour; Je n'ai rien que toute mon àme.

17 février 1864.

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