‹ Œuvres (volume 3)Chapitre 81 sur 160 · L'AME DE LA LYRE · texte numérisé non relu

L'AME DE LA LYRE

Fille des lioiiimcs, je suis une parcelle do l'esprit de i)ieii. Cotte Lyro est mon corps.

Gkoiigk Sani).

Uuîind le premier sculpteur eut achevé la Lvre Et caché dans son sein les chants liarmonieux ; Ouvrier sans défaut, lorsqu'il eut fait sourire Parmi ses ornements les figures des Dieux, Et qu'il eut couronné l'instrument de martyre Avec le vert rameau d'un laurier radieux;

L'indomptable Titan, à son désir fidèle,

(Jui. tout brCUant encor, vers la voûte éternelle

L'ne seconde fois, tentait de s'envoler,

Fit. pareil au vautour qui devait l'immoler,

Tomber sur le chef-d'œuvre une blanche étincelle

Du feu resplendissant qu'il venait de voler.

C'est l'àme de la Lyre; à notre àme invisible Elle se plaint souvent loin du monde réel. Souvent, dans une étreinte amoureuse et terrible^ Vient la brûler aux feux de son œil immortel ; Et, captive à jamais dans le rhythme inflexible, Elle aspire sans cesse à remonter au ciel.

Elle meurt du désir qui toujours la dévore Dans la froide prison des mètres et des vers, Et tâche, l'œil perdu parmi les cieux ouverts, D'entendre encor la voix de cet archet sonore Qui, si loin du désert où ses chants vont éclore,. ^lène dans l'infini le chœur de l'univers.

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