‹ OEuvresChapitre 149 sur 286 · S« — SUR LA VÉRITÉ ET L*ÉLOQUENCE · texte numérisé non relu

S« — SUR LA VÉRITÉ ET L*ÉLOQUENCE

Deux études sont importantes : la vérité et l'éloquence; la vérité, pour donner un fondement solide à l'éloquence, et bien disposer notre vie ; l'éloquence, pour diriger la conduite des autres hommes, et défendre la vérité. La plupart des grandes affaires se traitent par écrit ; il ne suffit donc pas de savoir parler : tous les intérêts subalternes, les engage* ments, les plaisirs, les devoirs de la vie civile, demandent qu'on sache parler; c'est donc peu de savoir écrire. Nous aurions besoin tous les jours d'unir l'une et l'autre éloquence ; mais nulle ne peut s'acquérir, si d'abord on ne sait penser; et on ne 9ait guère penser, si Ton n'a des principes fixes et puisés dans la vérité. Tout confirme notre maxime : Tétude dû vrai la première, l'éloquence après.

1&. — SDR l'expression DANS LE STYLE.

Combien toutes les règles sont-elles inutiles, si on voit encore aujourd'hui des gens de lettres qui, sous prétexte d'aimer les choses, non les mots, ne témoigiaent aucune estime pour la véritable beauté de l'expression dans le style M Je n'admire pas l'élégance, lorsqu'elle ne recouvre que des pensées faibles, et n'est point soutenue de l'éloquence du cœur et des images ; mais les plus m&les pensées ne peuvent être rendues que par des paroles, et nous n'avons encore aucun exemple d'un ouvrage qui ait passé à la postérité sans éloquence dans l'expression. La méprisera-t-on, parce qu'on n'écrit pas comme Bossuet et comme Racine ? Quand on n'a pas de talent, il faudrait, au moins, avoir du goûtr

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