‹ OEuvresChapitre 195 sur 286 · CARiTÈs, OU LE Grammairien · texte numérisé non relu

CARiTÈs, OU LE Grammairien

Caritès est esclave de la construction, et ne peut souiTrir la mgindre hardiesse , ni en prose ni en vers. Il ne sait point ce que c'est qu'éloquence, e% se plaint de ce que Tabbé d'Olivet a fait grâce à Racine de quatre cents fautes; mais il sait admirablement la différence de pas et de point; et il a fait des notes excellentes sur le petit Traité des Synonymes, ouvrage très-propre, dit-il, à former un grand orateur. Caritès n'a jamais senti si un mot était propre, ou ne l'était pas ; si une épithète était juste, et si elle était à sa place. Si pourtant il fait imprimer un petit ouvrage, il y fait, pendant l'impression , de continuels changements ; il voit, il revoit les épreuves, il les communique à ses amis ; et si, par malheur, le libraire a oublié d'ôter une virgule qui est de trop, quoiqu'elle ne change' point le sens, il ne veut point que son livre paraisse jusqu'à ce qu'on ait fait un carton, et il se vante qu'il n'y a point de livre si bien imprimé que le sien.

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