‹ OEuvresChapitre 28 sur 286 · DU SÉRIEUX · texte numérisé non relu

DU SÉRIEUX

Un des caractères les plus généraux, c'est le sérieux ; mais combien de causes difl*érentes n'a-t-il pas, et combien de caractères sont compris dans celui-ci I On est sérieux par tempérament, par trop ou trop peu de passions, trop ou trop peu d'idées, par timidité, par habitude, et par mille autres raisons '. L'extérieur distingue tous ces divers caractères aux yeux d'un homme attentif.

Le sérieux * d'un esprit tranquille porte un air doux et serein; le sérieux des passions ardentes est sauvage, som-

« Le génie est Taptitude à exceller dans an art. — V.

• Pauvre caractère! — V.

^ Sur Texempiaire d*Aîx, Voltaire ajoute : Par le dégoût qu'inspirent les frivoles conversations. — G.

* Voltaire note toute cette fin de chapitre du mot très-bien. En effet, ici,

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bre, allumé; le sérieux d'une âme abattue donne un extérieur languissant.

Le sérieux d'un homme stérile parait froid, lâche et oisif; le sérieux de la gravité prend un air concerté comme elle ; le sérieux de la distraction porte des dehors singuliers; le sérieux d'un homme timide n'a presque jamais de maintien.

Personne ne rejette en gros ces vérités ; mais, faute de principes bien liés et bien conçus, la plupart des hommes sont, dans le détail et dans les applications particulières, opposés les uns aux autres et à eux-mêmes; ils font voir la nécessité indispensable de bien manier les principes les. plus familiei*S9 et de les mettre tous ensemble sous un point de vue qui en découvre la fécondité et la liaiëon.

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