‹ OEuvres. Vec une notice biographiqueChapitre 140 sur 402 · DIOG. LAERCE, I, 104. G · texte numérisé non relu

DIOG. LAERCE, I, 104. G

(2) Loisjiv. n, p. S8i. C.

largement en leurs convives l'influence de Dionysus, ce bon dieu qui redonne aux hommes la mt^ gayeté et la jeunesse aux -vieillards, qui adou- WÊ cit et amollit les passions de l'ame, comme le fer s'amollit par le feu : et, en ses loix, treuve telles assemblées à boire utiles pourveu qu'il y aye un .chef de bande à les contenir et régler; l'yvresse estant, dict il.unebonneespreuveet certaine de la nature d'un chascun, et, quand et quand propre à donner aux personnes d'aagele courage de s'esbaudiren danses et en la musique ; choses utiles, .et qu'ils n'osent entreprendre en sens rassis : que le vin est capable de fournir à l'ame de la tempérance, au corps de la santé. Toutesfois ces restrictions, en partie empruntées des Carthaginois, luy plaisent : qu'on s'en espargne en expédition de guerre * ; que tout magistrat et tout .juge s'en abstienne sur le point d'exécuter sa charge et de consuher des affaires publiçques ; qu on n'y employé le jour, temps deu à d'aultres occupations, ny celle nuict qu'on* destine à faire des enfants.

Ils disent que le philosophe Stilpon, aggravé de vieillesse, hasta sa fin à escient par le bruvage de vin pur^. Pareille cause, mais non du propre desseing, suffoqua aussi les forces abbattues par l'ange du philosophe Arcesilaus^.

Mais c'est une vieille et plaisante question , si l'ame du sage seroit pour se rendre à la force du vin.

Si munilœ adhibet vim sapienliœ 4.

A combien de vanité nous poulse ceste bonne opinion que nous avons de nous! La plus réglée ame du monde et la plus parlaicte n'a que trop à faire à se tenir en pieds, et à se garder de s'emporter par terre de sa propre foiblesse : de mille, il n'en est pas une qui soit droicte et rassise un instant de sa vie ; et se pourroit mettre en doubte si, selon sa naturelle condition, elle y peult jamais estre : mais d'y joindre la constance, c'est sa dernière perfection ; je dis quand rien né la chocqueroit, ce que mille accidents peuvent faire : Lucrèce, ce grand poète, a beau philosopher et se bander, le voylà rendu insensé par un bruvage amoureux. Pensent ils

(1) Lois, liv. II, vers la fin. C.

(2) DIOC. L.VERCE, II , 120. C.

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