‹ Œuvres, vol. 2Chapitre 128 sur 999 · ACTE III, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE VI

(Apercevant une autre lettre.)

Comment, Stockholm encore!

(Regardant l'adresse.) C'est pour Sentinelli; ces armes, ce cachet, Sout ceux de La Gardie. Eh ! mais on me cachait Qu'avec cet ennemi qu'exila ma vengeance Sentinelli jamais eût quelque intelligence.

Que peuvent-ils s'écrire? eh bien! on le saura. Ce courrier sous mes yeux seulement s'ouvrira ; Moi-même jele veux remettre à son adresse.

(Cachant la lettre adressée à Sentinelli, et donnant

à Monaldeschi qui entre la lettre de Terlon.) On vient. C'est vous; lisez, ceci vous intéresse, Marquis, car Je connais votre amitié pour nous.

hohaldsschi, après avoir lu.

Cet espoir qu'il vous donne à mon cœur est bien doux. Et pourtant qui me dit qu'une fois sur le trône, Au milieu des honneurs dont l'orgueil l'environne, Tous daignerez encor...

cBaiSTins.

Marquis, sur' notre foi Beposez-vous.

MONALDBSCHI.

Madame, il n'est rien là pour moi ?

CHRISTINE

Non, rien : voyez plutôt.

(Ouvrant une autre lettre.)

Rome : c'est du saint-père.

Lisez et répondez. Dites-lui que j'espère Quil accomplit en paix sa sainte mission, Et demandez pour moi sa bénédiction.

Hoif axdeschi, écrivant.

Oui, madame.

guisyihe, continuant d'ouvrir ses lettres.

De Louis. Lisons. Il nous invite A nous rendre à Paris : nous lui ferons visite. Mais notre départ presse, et nous empêchera D'assister au ballet où le roi dansera.

Berlin : c'est le Leibnitz, encor quelque problème; Nous y réiéch iront et répondrons nous-méme.

Londres : John Milton. Ah ! c'est ce savant docteur, Secrétaire-greffier de milord Protecteur.

De mes nouveaux projets déguisant le mystère, Je voudrais maintenant visiter l'Angleterre.

Me le permettra-ton ? Il faudrait à Cromwell Envoyer un présent, mais je ne sais lequel.

Écrivons -lui toujours, je crains sa politique : (Test trop d'être à la fois et reine et catholique. Je l'entends m'opposer ou mon culte ou mon rang ; Mais j'ai besoin de lui, son pouvoir est si grand ! Populaire tyran d'un peuple qu'il dit libre, H maintient par son poids l'Europe en équilibre, Et jette aux souverains, immobiles d'effroi, Comme un défi de mort, une tête de roi.

Il sait faire, de Charte essayant la couronne,

Du trône un échafaud, de l'écbafaud un trône ; Et, pour qu'un même objet puisse servir toujours, Il change seulement la couleur du velours.

monaldeschi, apportant à Christine la lettre qu'il

vient d'écrire.

Madame, j'ai fini. Je ne sais si le style Vous conviendra; jugez.*

Christine, signant sans lire.

Non, non ! c'est inutile.

J'ai dans mon cabinet laissé mon sceau royal.

Vous l'aurez à l'instant.

CHBISTIHE.

Merci, notre féal !

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