‹ Œuvres, vol. 2Chapitre 149 sur 999 · ACTE V, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VI

Et la première alors Je tous rappellerai.

Mais vous, que forez-vous d'ici là?

HONALBESCH1.

J'attendrai.

Nais, fidèle à la foi que vous m'avez jurée, Sans que jamais une autre...

HONALBESCHI.

Oh! vous m'êtes sacrée.

CHRISTINE

Qu'ainsi soit donc..., marquis; et quand vous reviendrez, Peut-être de l'exil vous vous applaudirez. — Hais je garde quelqu'un.

HONALBESCHI.

Oui?

CHRISTINE

Paulo, ce jeune homme Qui jadis à ma cour vous a suivi de Rome.

Nous parlerons de vous quelquefois. . .

HONALBESCHI, à part.

J'oubliais Qu'un mot d'elle me perd... Paul a, que je te hais! Toujours sur mon chemin je t'aurai donc trouvée Pour faire évanouir ma fortune rêvée!

Tu seras à Stockholm, comme à Fontainebleau, Mon génie infernal... — Cet anneau, — cet anneau.;.

(Haut.) Madame, permettez que, comme un témoignage D'amitié, comme ancien souvenir, à ce page Je renvoie un anneau longtemps par moi porté, Et qu'il me demanda souvent.

Christine.

En vérité, Marquis, ce souvenir est celui d'un bon maître. A qui vous désirez, je le forai remettre...

HONALBESCHI.

A l'instant!

CHRISTINE

A l'instant... Adieu, marquis... Sortez Par cette galerie... Aux deux autres cotés Tous ne trouveriez pas une si sûre voie.

Le comte vous attend et réclame sa proie.

{Au père Lebel.) Non père, en ce moment vos devoirs sont changés; Vous deviez préparer à la mort... protégez Sa vie... Adieu!

honalbeschi, lui baisant la main.

/ Bientôt!

Christine, ouvrant la porte.

Oui ! ... — Gulrick, qu'on appelle Paulo ; — je veux le voir.

GULRICK.

11 est dans la chapelle, Ici tout près... 11 prie.

CHRISTINE

Allez... — Oui, j'ai mieux fait.

Pourquoi punir de mort un crime sans effet, Quand ce crime, m'eût-il ravi le diadème, Ne me faisait qu'un tort que je me fais moi-même? Ce pouvoir qui de loin brille de tant d'appas, Quand je le possédais, pour moi n'en avait pas ; Et, sitôt que j'aurai ressaisi ma couronne,

Le dégoût sera là pour partager mon trône.

( A Paula qui entre. ) Venez.

Vous êtes seule?

CHRISTINE

Oui.

paula, chercliant des yeux.

Seule?...

CHRISTINE

Regardez...

paula.

Un prêtre est avec lui... Madame, vous gardez Parfois à qui vous sert de sublimes spectacles. Vous avez, je le vois, triomphé des obstacles; — C'est grand et beau.

CHRISTINE

Paulo, le marquis m'a récria Cette bague pour vous.

paula, avec joie.

Ah! donnez!

CHRISTINE

J'ai promis De vous le rendre... C'est l'anneau de votre maître.

PAULA

Et vous avez voulu vous-même le remettre, N'est-ce pas? Je rends grâce à vos soins empressés; Oui, cet anneau m'est cher!

CHRISTINE

Paulo» vous pâlissez ?

paula , le portant à ses lèvres.

Non. —Sois le bien venu, messager de la tombe.

(A Christine.) Et maintenant sur vous que notre mort retombe! —

CHRISTINE

Sur moi, votre mort?... Oh! vous perdez la raison. Qu'enfermait cet anneau, dites-moi?

PAULA

Du poison.

Le marquis en mourant promit de me le rendre : Cet anneau, grâce à vous, ne s'est pas fait attendre !

CHRISTINE

Mais le marquis n'est point à la mort condamné; A l'exil seulement... Paulo, j'ai pardonné!

Et bientôt sur le trône, auprès de moi.

PAULA

L'infâme Nous trahit toutes deux !

CHRISTINE

Toutes deux ?

PAULA

Je suis femme !

CHRISTINE

Vous? Oh! malheur à lui! car je devine tout.

(Ouvrant la porte du fond. ) Ici, comte! venez, venez! Courez au bout De cette galerie... et joignez-y le traître... Frappez... Pour vous tromper il. vous dira peut-être Que j'ai tout pardonné; mais non... frappez toujours. Il dira que c'est moi qui conservai ses jours; Non, non ! Que par ses pleurs ma colère abattue Avait tout oublié ; non, non, non !... Frappe et tue?

CHRISTINE

(Le poussant.)

A l'œuvre!

(A Paula.)

Pour ton mal, enfant, nous trouverons Des secours; sois tranquille et nous te sauverons. Qu'on cherche des secours partout... à l'instant même !

( Revenant à Paula. ) Mais déjà le poisonla dévore.... Anathème !

( Allant à la porte de la galerie. ) S'il m'échappait!... Mais non... il n'échappera pas; La justice de Dieu ralentira ses pas...

{Revenant à Paul*.) Oh ! ne meurs pas, enfant!... Si jeune, si jolie!...

(Voyant les progrès du poison.) Je vous reconnais bien, poisons de l'Italie!

Mortels!. ..Enfant!... Mon Dieu {...Quelqu'un accourt...

[Non, rien!...

(Elle va à la porte.) Si... c'est un bruit de pas.

(Au pire Lebel qui entre.) Eh bien ! mon père ! eh bien !

Est-ce fini?

LE PÈBB LOBL.

Fini... C'est donc vous, 6 madame...

Après avoir promis de le sauver !...

CHRISTINE

L'infâme!

Le sauver, lui !... non, non... Voyons, est-il puni? On tarde bien!... ou tout devrait être fini.

LE PtlE LEBEL.

J'espérais donc à tort ?

CHRISTINE

Mon père, il vous réclame!

J'ai condamné son corps... allez sauver son âme, Altex.

LB PÈBB LEBEL.

Adieu, madame!

CHRISTINE

Adieu, mon père, adieu.

Puissies-vous arriver encore à temps !

MOHALBS8CBI.

Ah!

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