SCÈNE VIII
M. DE VERTPRÉ, LÉON
{Un domestique suit M. de Vertprè, avec un sac de nuit qu'il pose sur une chaise, et sort. Léon, le dos tourné à la porte, n'aperçoit pas ce jeu de scène.)
M. M VERTPRÉ
Pardon, monsieur, je me trompe probablement.
Léon, sans se déranger.
C'est possible, monsieur.
M. DE VERTPRÉ
Je croyais entrer chez madame de Verlpré.
Vous y êtes.
M. DE VERTPRÉ
Mais elle n'y est pas, sans doute?
Léon, montrant la chambre de madame de Vertpré. Si fait, elle est là.
m. de vertpbé, allant vers la porte.
Merci !
léon, l'arrêtant.
Pardon ! c'est qu'elle change de robe.
M. DE VERTPRÉ
Ah !... et vous d'habit, à ce qu'il parait?
LÉON
Non, je n'ai pas le bonheur d'en avoir un de rechange, et je me contente de le faire sécher. 11 faut vous dire que nous venons tous les deux d'être mouillés jusqu'aux os. Vous permettez, n'est-ce pas?
( // se remet à la cheminée. )
M. DE VERTPRÉ
Comment donc... ( A part.) Qui diable est ce monsieur qui se met si à l'aise chez moi? .
r LÉON.
Vous n'êtes pas mouillé, vous?
M. DE VERTPRÉ
Je suis venu de Paris en cabriolet ; j'étais trèspressé de voir madame de Vertpré.
LÉON
Ah! oui : n'est-ce pas vous qu'elle attend? Oui, oui, elle attend un monsieur. Je vais la prévenir. (// va vers la chambre de madame de Vertpré. )
M. DE VERTPRÉ
Comment , vous allez entrer ainsi chez madame de Vertpré pendant qu'elle change de robe?
LÉON
Non, je vais le lui dire à travers la porte.
M. DE VERTPRÉ
Merci, j'attendrai.
LÉON
Alors, donnez-vous la peine de vous asseoir.
M. DE VERTPRÉ
Vous êtes trop bon... Ainsi, madame de Vertpré vous a dit qu'elle m'attendait ?
LÉON
Oui, ce matin elle a parlé de cela en l'air.
M. DE VERTPRÉ
Elle a ajouté que c'était pour affaires pressantes?
LÉON
Non, elle n'a pas ajouté cela. ( II sonne, un domestique entre. ) Joseph ! du bois.
LE MARI DE LA VEUVE
h. de vertpré, à part.
Très-bien! — ( Haut. ) Monsieur, l'affaire dont je dois entretenir madame de Verlpré est secrète.
LÉON
Cela se peut, monsieur.
M. DE VERTPRÉ
Ce qui fait qu'à moins que tous ne soyez son mari...
LÉON
Je n'ai pas cet honneur, monsieur.
H. DE VERTPRÉ
J'oserai attendre de votre discrétion...
LÉOH. %
Que je me retire, n'est-ce pas?
M. DE VERTPRÉ
Si vous aviez cette complaisance...
LEO*
Dites- moi, est-ce que vous en avez pour longtemps?
H. DE VB1TPRÉ.
Pourquoi cela?
LÉO*
Ah ! c'est que vous dérangeriez toute notre journée.
M. DE VERTPRÉ
J'abrégerai.
LIÉ ON
Merci, vous serez fort aimable.
( // va pour sortir. )
M. DE VERTPRÉ
Et votre habit?
Léon , revenant et emportant ton habit.
Je vais achever de le faire sécher chez Hélène.