‹ Œuvres, vol. 2Chapitre 213 sur 999 · SCENE IX · texte numérisé non relu

SCENE IX

MABAMB »E VEBTPBÉ.

Une nièce à marier.

H. DE VERTPRÉ

Et ce jeune homme?

MABAMB DB VERTPRÉ.

Vient ici pour Pauline.

H. DR VBBTPBÉ.

Voulez-vous que je vous dise ?

MADAME DB VBBTPBÉ.

Dites.

M. DE VBBTPRÊ.

Vous ne vous fâcherez pas?

MADAME DE VEBTPBÉ.

Moi, mon ami, ah !

M. DE VBBTPBÉ. -

C'est que c'est fort délicat ce que je vais vous dire.

MADAME DE VBBTPBB.

N'importe.

M. DE VBBTPBB.

Je n'ai fait qu'apercevoir ce jeune homme, je ne lui ai dit que quatre paroles...

MADAME DB VERTPBÉ.

Eh bien?

' M. DE VBBTPBB.

Eh bien, je jurerais qu'il ne vient pas ici pour Pauline.

MADAME DB VBBTPBB.

Par exemple !... Et pour qui donc?

M. DB VERTPBÉ.

Pour une femme charmante , belle comme un ange, fraîche comme une jeune fille, et spirituelle à elle seule comme tous les avocats du monde, pour madame veuve Adèle de Vertpré, ma femme.

MADAME DE VBBTPRÊ.

Oh ! mais vous êtes fou, mon pauvre Paul ! vous faites dix-huit cents lieues pour me revoir, ditesvons, et, en arrivant, au lieu de me parler de vous, de votre voyage, des motifs qui vous font continuer de désirer que le bruit de votre mort soit répandu...

M. DE VERTPBÉ.

Plus tard, chère amie, je te parlerai de tout cela, mais pour le moment, vois-tu, j'ai une idée fixe : M. Léon...

MADAME DB VERTPRÉ

Vient ici pour Pauline.

M. DE VBBTPBB.

Je ne demande pas mieux que de le croire, mais. . .

MADAME DB VBBTPRÊ.

Tous en voulez la preuve ?

M. DE VEBTPRÉ.

La preuve ne m'en serait pas désagréable... et tout de suite, si cela est possible.

Eh bien ! monsieur, puisque c'est là ce qui vous

occupe le plus en me revoyant, je vais vous la donner cette preuve... voyons... que puis-je faire?... ah ! tenez, cachez-vous là.

(Elle indique laporte de sa chambre. )

M. DE VERTPRÉ

Ensuite?

MADAME DE VEBTPBÉ.

Je le ferai venir, je lui dirai de s'expliquer sur ses intentions, et vous l'entendrez me répéter l'aveu de son amour pour Pauline et me demander sa main.

M. DE VERTPRÉ

Ce sera très-bien.

MADAME DE VEBTPBÉ.

Je ne l'ai pas vu, je ne le verrai pas; je vais le faire appeler, et, séance tenante, nous prenons jour pour le contrat de mariage.

M. DE VEBTPRÉ.

Je le signerai avec plaisir.

MADAME DE VEBTPBÉ, 80tinant.

Hélène! — (Hélène entre.) Prévenez M. Léon que je désire lui parler, et annoncez-le quand il viendra.

(Hélène sort.)

M. DB VERTPRÉ

Merveilleusement, chère amie.

MADAME DE VBBTPRÊ.

Et après cette preuve vous me permettrez sans doute de vous en vouloir tout à mon aise?

M. DE VERTPRÉ

Vous êtes la meilleure des femmes.

MADAME DE VEBTPBÉ.

Vous êtes un jaloux.

M. DB VEBTPBÉ.

Moi!

MADAMB DE VEBTPRÉ.

Et vous mériteriez que je ne vous donnasse point...

M. DB VEBTPBÉ.

Quoi?

madame de vertpré, lui montrant le portrait que lui a apporté Léon.

Voyez !

m. de vertpré, prenant le portrait.

Ton portrait ! ah !

MADAME DE VEBTPBÉ.

Que j'ai fait faire pour vous, et que j'ai fait mettre exprès dans la même botte que le vôtre, afin que dans l'absence même nous fussions réunis.

M. DE VERTPRÉ

Vous êtes toute charmante, et je serai enchanté d'avoir eu tort dans mes conjectures pour vous demander pardon et vous baiser les pieds.

MADAME DE VEBTPBÉ.

Alors, à genoux !

LE MARI DE LA VEUVE

M. SE VEETPEt.

Après l'entrevue.

MADAME DE VEETPEt.

Incrédule*

Hélène, annonçant.

M.Léon!

■AD AME DE VERTP1É

Vite dans ce cabinet, et écoutez de toutes vos

oreilles.

m. de Tiirrai.

Je n'en perdrai pas un mot, je t'en réponds.

MADAME DE VEETPEt.

C'est bien : vous allez voir qui il aime. (M. de Vertpré entre dans le cabinet à gauche.) Faites entrer et laissez-nous.

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