‹ Œuvres, vol. 2Chapitre 246 sur 999 · DELAI* AY · texte numérisé non relu

DELAI* AY

C'est qu'elle est sur la rue , et que dès le malin , le bruit. ..

Oh! ça m'est égal.

DELAUNAY

Tu es excellent I

DULAU

Non , mon ami : je suis garçon, et un garçon est bien partout.

DELAUlfAY.

As-tu vu ma femme ce matin?

DULAU

Pas encore.

DELAUNAY

Vous êtes toujours bien ensemble?

dulau.

Je serais bien difficile : elle est si bonne pour moi!

DELAUNAY

Avoue donc que j'ai bien bit de me marier.

DULAU

Te trouves-tu plus heureux que lorsque lu étais garçon ?

DELAUlfAY.

Mille fois !

Tu as bien fait alors.

DELAUlfAY.

Une seule chose me fait de la peine...

DULAU

Laquelle?

DELAUlfAY.

H y a du froid entre Amélie et Teresa ; et je ne sais à quoi l'attribuer. — Hier j'ai grondé Amélie ; elle s'est mise à pleurer.

DULAU

Oh! quand elles se connaîtront davantage...

DELAUNAY

Tu as raison. — Que comptais-tu faire ce matin?

DULAU

Une promenade sur le boulevard.

DELAUNAY

C'est que j'aurais désiré que lu m'aidasses â préparer les clauses du contrat d'Arthur et d'Amélie.

DULAU

Je suis à toi.

DELAUNAY

Et ta promenade?...

Je la ferai plus tard.

DELAUNAY

Tu es le modèle des amis , Dulau ! Non-seulement tu fais ce que tes amis veulent, mais encore , ce qui est plus rare , tu les laisses faire ce qu'ils veulent.

DULAU

Mon cher Delaunay, pour bien des hommes, vois-tu, l'amitié n'est qu'un root qui déguise la tyrannie, un moyen d'imposer son opinion et ses habitudes aux autres. On dit qu'elle vit de sacrifices réciproques , l'amitié : je ne suis point de cet avis : elle vit , comme toutes les choses saintes, de liberté. — Moi , Delaunay , j'ai peu d'amis : mais je les aime pour eux et non pour moi : si je suis six mois sans voir l'un d'eux, je me dis : C'est qu'il s'amuse plus avec d'autres qu'avec moi: tant mieux ; quand je le revois , je l'embrasse comme s'il revenait d'un voyage , et je ne lui fais pas de querelle. Ce qui me ficherait, c'est qu'il eut un chagrin , et ne vint pas me le confier, si je pouvais quelque chose pour son soulagement; ce qui me blesserait de sa part , ce n'est pas l'oubli , ce serait le dente.— Allons travailler, Delaunay*

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