‹ Œuvres, vol. 2Chapitre 369 sur 999 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

RICHARD, TOMPSON.

TOMPSON.

Je vous ai fait demander.

RICHARD

Pourquoi? quelque message de ma femme, sans doute?

TOMPSON.

Comment?

En venant ici, j'ai cru voir, au bout de la galerie, la figure de Mawbray.

TOMPSON.

Je crois que vous vous êtes trompé.

RICHARD

Eh bien ! alors, que me veux-tu?

TOMPSON.

Une démarche du ministère.

RICHARD

Ah ! les superbes s'humilient !

TOMPSON.

Ils sont à vos pieds.

RICHARD

Il est trop tard.

TOMPSON.

Comment cela?

RICHARD

Demain le bill sera refusé.

TOMPSON.

Eh bien!

RICHARD

Après-demain le ministère tombe.

Que vous en reviendra- t-il?

RICHARD DARLINGTON

RICHARS.

Rien,

TOMPSON.

Le roi protège trop l'aristocratie pour choisir un nouveau ministère dans l'opposition de la chambre des Communes.

RICHARD

Je le sais.

TOMPSOIf.

Tons n'avez donc aucune chance?

RICHARD

Aucune.

TOHPSOII.

Tandis que si le ministère reste...

RICHARD

Eh bien !

TOMPSOIf.

Je vous l'ai dit, il est à vos pieds.

RICHARD

Je ne le relèverai pas.

TOMPSOIf.

Vous avez tort.

RICHARD

Et mon mandat !

TOMPSON.

Et votre ambition !

RICHARD

Je suis arrivé à mon but.

TOMPSOIf.

Je croyais que vous n'en étiez qu'à moitié chemin.

RICHARD

J'ai réfléchi.

TOMPSON}

Et votre position...

Me paraît glorieuse ; je me la suis faite par mon talent.

TOMPSON.

Et vous la soulenei par votre fortune. Deux années de séjour à Londres avaient déjà épuisé vos deux mille livres sterling; la mort du docteur, puis celle de sa femme , sont venues soutenir d'un raisonnable héritage le luxe que vous êtes forcé de déployer. Aujourd'hui votre plus beau diamant est la franchise des lettres que vous vendex à votre banquier; la retraite où vit mistress Richard vous permet, je le sais, de réunir toutes vos ressources sur un seul point, mais elles ne sont pas inépuisables. Vous avez encore trois ans à siéger sur les bancs de la chambre, et elles ne vous conduiront pas jusquelà. Que vous restera-t-il alors?

RICHARD

Une pauvreté honorable.

TOMPSON.

Qui vous ôtera jusqu'à la chance d'être réélu.

RICHARD

Le peuple n'oubliera pas son défenseur*

TOMPSOIf.

Votre triomphe vous enivre, sir Richard; le peuple, il n'est puissant que pour renverser : c'est m élément; sa colère peut effrayer un ministre, je le conçois; sa faveur ne peut rassurer un ambitieux; l'or, les places, sont -ils entre ses mains? peut -il en disposer sans l'approbation d'un ministre? Le peuple ! mourez pour le défendre, et il n'aura pas même le droit de vous donner une pierre à Westminster. Parlons franc, sir Richard.

RICHARD

Bref, qui est venu près de vous?

TOMPSOIf.

Da Sylva.

RICHARD

Ce banquier portugais?

TOMPSON.

Oui.

RICHARD

Quel intérêt prend-il au ministère?

TOMPSON.

Il a avancé des sommes considérables. ..

RICHARD

Qu'il craint de perdre...

TOMPSON. '

Si le ministère tombe.

RICHARD

Et il vient en son nom...

TOMPSON.

Proposer un traité de paix.

RICHARD

Ses conditions?

Vous les entendres de sa proche bouche.

RICHARD

Vous avez pu lui laisser concevoir l'espérance que je consentirais même à un pourparler? Niais!

TOMPSON.

Je mériterais ce nom, sir Richard, si j'avais fait ce que vous dites.

RICHARD

Comment avez-vous donc arrangé cela?

TOMPSON.

De manière à ce que rien ne puisse vous compromettre.

RICHARD

Voyons.

TOMPSON.

C'est à moi que les propositions vont être faites.

RICHARD

Où?

TOMPSON.

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