‹ Œuvres, vol. 2Chapitre 399 sur 999 · SCÈNE IV · texte numérisé non relu

SCÈNE IV

RICHARD, LADY WILMOR.

bicbabd, à un domestique.

Une dame m'attend?

LE DOMESTIQUE

Oui, monsieur.

Où?

RICHARD

LE DOMESTIQUE

Dans ce salon.

RICHARD

Tompson , veillez à ce que personne ne vienne nous troubler. — (Entrant et fermant la porte avec colère.) Pardieu, madame..»

lady wilmob, se levant.

Sir Richard...

bichard, avec respect.

Pardon , milady , mais je trouve dans ce salon une personne que je ne croyais pas avoir l'honneur d'y voir, et j'y cherche vainement quelqu'un que je croyais y rencontrer. Donnez -vous la peine de vous asseoir : je suis à vos ordres.

LADY WILMOB.

Monsieur, je fais près de vous une démarche...

RICHARD

Saurai-je d'abord , milady, à qui j'ai l'honneur de parler?

LABY WILMOB.

A lady Wilmor.

bicbabd , se levant.

Fille du marquis Da Sylva ?

LABY WILMOB.

Elle-même; asseyez-vous donc.

RICHARD

Permettez, milady.. •

LADY WILMOB.

Asseyez-vous, je vous en prie, sir Richard ; j'ai des choses de la plus haute importance à tous communiquer. Êtes- vous sur que personne ne peut nous entendre?

BICBABD.

J'en suis certain, milady .,

LABY WILMOB.

Mon père m'a parlé hier des projeta d'union qui existent entre nos deux familles.

RICHARD

Oui, milady.

LADY WILMOB.

Le roi lui-même veut bien s'intéresser au mariage de ma fille d'adoption.

BICBABD.

Je connais les bontés de Sa Majesté.

LADY WILMOB.

Mon père, le marquis Da Sylva, donne cent mille livres sterling.

Ces détails...

LABY WILMOB.

Sont nécessaires, et préparent le secret que j'ai a vous révéler.

RICHARD DARLINGTON

RICHARD

J'écoute.

ladt wilmor , tut prenant la main.

Sir Richard !

RICHARD

Miladyî

LADT WILMOR.

Oh ! je n'oserai jamais» Sir Richard , vous êtes honnête homme.

RICHARD

Jusqu'à présent , je n'ai donné a personne le droit d'en dooter.

LADY WtLMOR.

Vous, mon père et un autre* connaîtrez seuls ce que je vais tous apprendre.

RICHARD

Quel que soit ce Secret, madame, H mourra là.

LADT WILMOR-.

Peut-être avez-vous cru , monsieur, en épousant miss Wilmor, que, quoiqu'elle fut l'enfant du premier mariage de mon mari, l'amour presque maternel que je lui porte me déterminerait à joindre ma fortune particulière à la sienne.

RICHARD

Milady, peut-être aùrais-je drok de me plaindre de votre persistance à revenir sur de pareils détails. Si l'on m'a peint à vos yeux comme un homme intéressé , permettez-moi de vous dire que le portrait n'est ni flatté ni ressemblant.

LADT WILMOR.

Oh ! loin de là, loin de là, monsieur! je connais toute votre générosité. Mais ne comprenez -vous pas que j'ai un secret, un secret humiliant à vous révéler, et que je tarde... — ( Une pause. ) J'ai un fils, sir Richard, et ma fortune lui appartient.

RICHARD

Vous!

LADT WILMOR.

Oui, i'enlaiit d'une faute, et trois personnes, vous compris, voas connaissez seuls l'existence de ce malheureux enfant !

RICHARD

Et lord Wilmor?

LADT WILMOR.

L'a toujours ignorée ; quelques mois après notre mariage, il reçut sa commission de gouverneur dans l'Inde, d'oà je ne suis revenue qu'après sa mort.

RICHARD. v

Eh bien! milady...

LADT WILMOR.

Eh bien ! à peine le pied sur le sol d'Angleterre, redevenue propriétaire de mes biens, j'ai songé au pauvre abandonné. Déshérité des caresses de sa mère, qu'il trouve sa fortune du «noms, car cet

i enfant me maudit peut-être Moi, moi je l'ai

| toujours aimé comme une mère , c'est-à-dire d'un amour de toutes les heures et de tous les instants. Mon enfant, mon fils, croyez-vous qu'il me pardonne?

RICHARD

En vous retrouvant , en vous serrant dans ses bras , il oubliera tout.

LADT WILMOR.

Oh! voilà ce qui fait mon malheur, c'est que je ne puis le revoir, c'est que je suis condamnée à ne jamais le presser sur mon cœur, le cceur d'une mère pourtant.

RICHARD

El pourquoi cela? Pardon, madame, mais à moitié dans votre secret, j'ai peut-être le droit de connaître le reste.

LADT WILMOR.

Jamais je ne reverrai mon fils.

RICHARD

Pourquoi?

LADT WILMOR.

Il voudrait connaître son père , son père que je ne puis nommer ; comprenez-vous, un fils qui me demanderait le nom de son père, et auquel il me serait défendu de- le dire.

RICHARD

Oui, alors vous avez raison , mieux vaut qu'il ignore.

LADT WILMOH.

Et qu'à ma mort seule, en recueillant ma fortune, il sache mon secret. Oui, voilà ce que je me suis dit, mais... mais d'ici là, il peut être malheureux, dans le besoin, appelant et maudissant sa mère. Oh ! ne voyez-vous pas ce que je venais vous demander encore?

RICHARD

Si, madame , de remplacer pour lui te qu'il a perdu, n'est-ce pas? Est-il plus jeune que moi? il sera mon fils, milady; est-il de mon âge? il sera mon frère.

LADT WILMOR.

Je ne m'étais donc pas trompée ! Oh! vous avez donc toutes les vertus? Oh ! laisser-moi embrasser vos genoux.

RICHARD

Madame...

LADT WILMOR.

Vous ne comprenez donc pas une mère à qui l'on rend son fils, car c'est me le rendre. Je le reverrai ; il ne saura pas que je suis sa mère. Oh ! Richard, pardon, sir Richard ; vous irez vous-même, n'est-ce pas, le chercher dans le Northumberland?

RICHARD

Je connais ce pays, milady.

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