‹ Œuvres, vol. 2Chapitre 432 sur 999 · ORSINI, MARGUERITE · texte numérisé non relu

ORSINI, MARGUERITE

■ABQUEBITE.

Orsini!

obsiki.

Madame?

MABGUEBITB.

Où sont tes hommes?

OBsmi.

Là.

■ABGUEBITE.

Prêts?

OBSINI.

Tout prêts, madame, tout prêts... La nuit s'avance.

■ABGUEBITB.

Est-il donc si tard?

OBSIlfl.

L'orage se calme.

■ABGUEBITB.

Oui ; écoute le tonnerre. oBsim.

Le jour va venir.

■ABQUEBITE.

. Tu te trompes, Orsini, vois comme la nuit est encore sombre...

(Elle s'assoit.) obsiki.

N'importe , madame ; il faut éteindre les flambeaux, relever les coussins, renfermer les flacons : vos barques vous attendent; il faut repasser la Seine, rentrer dans voire noble demeure et nous laisser les seuls maîtres ici, les seuls maîtres.

■ABGUEBITE.

Oh ! laisse-moi : cette nuit ne ressemble pas aux nuits précédentes ; ce jeune homme ne ressemble pas aux autres jeunes gens : il ressemble à un seul, si au-dessus de tous!... Ne trouves-tu pas, Orsini?

OBSIKI.

A qui ressemble-t-il donc?

■ABGUEBITB.

A mon Gaultier d'Aulnay. Parfois je me suis surprise en le regardant, à croire que je voyais Gaultier : c'est un enfant tout d'amour et de passion ; c'est un enfant qui ne peut être dangereux, n'est-ce pas?

obsiki.

Oh! madame, que dites-vous là? Songes donc que c'est un jouet qu'il faut prendre et briser; que plus vous avez eu avec lui de bonté et d'abandon, plus il esta craindre... Il est bientôt trois heures,

LA TOUR DE NESLE

madame, retirés-Tous, et abandonnez-nous ce jeune homme.

>> uabgdebits, se levant.

Te l'abandonner, Orsini? non pas; il est à moi. Va demander à mes sœurs si elles veulent l'abandonner les autres : si elles le veulent , c'est bien ; mais celui-là , il faut le sauver... Oh ! je le puis : car toute cette nuit je me suis contrainte ; toute cette nuit j'ai gardé mon masque ; il ne m'a donc pas vue, Orsini, ce noble jeune homme : mon visage est resté voilé pour lui : il me verrait demain qu'il ne pourrait me reconnaître. Eh bien ! je lui sauve la vie; je veux que cela soit ainsi. Je le renvoie sain et sauf; qu'il soit reconduit dans la ville; qu'il vive pour se rappeler celte nuit, pour qu'elle brûle le reste de sa vie de souvenirs d'amour; pour qu'elle soit un de ces rêves célestes qu'on a une fois sur la terre ; pour qu'elle soit pour lui enfin ce qu'elle sera pour moi.

obsiki.

Ce sera comme vous voudrez, madame.

UABGUEBITE.

Oui, oui, sauve-le ; voilà ce que j'avais à te dire, ce que j'hésitais à te dire. Maintenant que je te l'ai dit, fais ouvrir la porte; fais rentrer les poignards dans le fourreau : hàte-toi, bâte-toi!

(Orsini $ort.)

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