ORSINI, MARGUERITE
■ABQUEBITE.
Orsini!
obsiki.
Madame?
MABGUEBITB.
Où sont tes hommes?
OBsmi.
Là.
■ABGUEBITE.
Prêts?
OBSINI.
Tout prêts, madame, tout prêts... La nuit s'avance.
■ABGUEBITB.
Est-il donc si tard?
OBSIlfl.
L'orage se calme.
■ABGUEBITB.
Oui ; écoute le tonnerre. oBsim.
Le jour va venir.
■ABQUEBITE.
. Tu te trompes, Orsini, vois comme la nuit est encore sombre...
(Elle s'assoit.) obsiki.
N'importe , madame ; il faut éteindre les flambeaux, relever les coussins, renfermer les flacons : vos barques vous attendent; il faut repasser la Seine, rentrer dans voire noble demeure et nous laisser les seuls maîtres ici, les seuls maîtres.
■ABGUEBITE.
Oh ! laisse-moi : cette nuit ne ressemble pas aux nuits précédentes ; ce jeune homme ne ressemble pas aux autres jeunes gens : il ressemble à un seul, si au-dessus de tous!... Ne trouves-tu pas, Orsini?
OBSIKI.
A qui ressemble-t-il donc?
■ABGUEBITB.
A mon Gaultier d'Aulnay. Parfois je me suis surprise en le regardant, à croire que je voyais Gaultier : c'est un enfant tout d'amour et de passion ; c'est un enfant qui ne peut être dangereux, n'est-ce pas?
obsiki.
Oh! madame, que dites-vous là? Songes donc que c'est un jouet qu'il faut prendre et briser; que plus vous avez eu avec lui de bonté et d'abandon, plus il esta craindre... Il est bientôt trois heures,
LA TOUR DE NESLE
madame, retirés-Tous, et abandonnez-nous ce jeune homme.
>> uabgdebits, se levant.
Te l'abandonner, Orsini? non pas; il est à moi. Va demander à mes sœurs si elles veulent l'abandonner les autres : si elles le veulent , c'est bien ; mais celui-là , il faut le sauver... Oh ! je le puis : car toute cette nuit je me suis contrainte ; toute cette nuit j'ai gardé mon masque ; il ne m'a donc pas vue, Orsini, ce noble jeune homme : mon visage est resté voilé pour lui : il me verrait demain qu'il ne pourrait me reconnaître. Eh bien ! je lui sauve la vie; je veux que cela soit ainsi. Je le renvoie sain et sauf; qu'il soit reconduit dans la ville; qu'il vive pour se rappeler celte nuit, pour qu'elle brûle le reste de sa vie de souvenirs d'amour; pour qu'elle soit un de ces rêves célestes qu'on a une fois sur la terre ; pour qu'elle soit pour lui enfin ce qu'elle sera pour moi.
obsiki.
Ce sera comme vous voudrez, madame.
UABGUEBITE.
Oui, oui, sauve-le ; voilà ce que j'avais à te dire, ce que j'hésitais à te dire. Maintenant que je te l'ai dit, fais ouvrir la porte; fais rentrer les poignards dans le fourreau : hàte-toi, bâte-toi!
(Orsini $ort.)