GAULTIER , SOUL
Marguerite ! Marguerite ! Oh ! faiblesse humaine! oh ! pardon , mon frère ! étais-je venu pour parler d'amour? étais-je venu pour rassurer les craintes
frivoles d'une femme? J'étais venu pour te venger, mon frère ! pardon !
marguerite, rentrant.
Oh ! j'étais insensée ! Non, non ! il n'y avait rien dans ces tablettes ; ce n'était point une femme qui te les avait données ! Mon Gaultier ne ment pas lorsqu'il dit qu'il m'aime , qu'il n'aime que moi. Eh bien ! moi aussi je n'aime que lui : moi aussi je tiendrai ma promesse , et nous ne serons pas séparés : peu m'importe les soupçons du roi ; je serais si heureuse de mourir pour mon chevalier !
Pensons à mon frère, Marguerite.
MARGUERITE
Eh bien ! mon ami , des recherches ont déjà été faites, et l'on soupçonne...
GAULTIER
Et qui soupçonne- t-on?
MARGUERITE
Un capitaine étranger qui n'est ici que depuis quelques jours, qui doit demain pour la première fois venir à la cour.
GAULTIER
Son nom?
MARGUERITB.
Buridan, je crois.
GAULTIER
Buridan! et vous avez donné l'ordre qu'il fût arrêté, n'est-ce pas?
MARGUERITE
C'est ce soir seulement que j'ai su cela, et je n'avais point là mon capitaine des gardes.
GAULTIER
L'ordre ! l'ordre ! que j'arrête cet homme-là moimême ! Oh ! un autre n'arrêtera pas l'assassin de mon frère! l'ordre, Marguerite! l'ordre, au nom du ciel t
Tu l'arrêteras, toi?
GAULTIER
Oui ! fut-il en prière au pied de l'autel, je l'arracherai du pied de l'autel. Oui, je l'arrêterai, partout où il sera.
marguerite va à la table et signe un parchemin*
Voilà l'ordre.
GAULTIER
Merci, merci, ma reine !
margueritb, menaçante.
Oh ! Buridan, c'est moi maintenant qui tiens ta vie entre mes mains.