‹ Œuvres, vol. 2Chapitre 447 sur 999 · GAULTIER , SOUL · texte numérisé non relu

GAULTIER , SOUL

Marguerite ! Marguerite ! Oh ! faiblesse humaine! oh ! pardon , mon frère ! étais-je venu pour parler d'amour? étais-je venu pour rassurer les craintes

frivoles d'une femme? J'étais venu pour te venger, mon frère ! pardon !

marguerite, rentrant.

Oh ! j'étais insensée ! Non, non ! il n'y avait rien dans ces tablettes ; ce n'était point une femme qui te les avait données ! Mon Gaultier ne ment pas lorsqu'il dit qu'il m'aime , qu'il n'aime que moi. Eh bien ! moi aussi je n'aime que lui : moi aussi je tiendrai ma promesse , et nous ne serons pas séparés : peu m'importe les soupçons du roi ; je serais si heureuse de mourir pour mon chevalier !

Pensons à mon frère, Marguerite.

MARGUERITE

Eh bien ! mon ami , des recherches ont déjà été faites, et l'on soupçonne...

GAULTIER

Et qui soupçonne- t-on?

MARGUERITE

Un capitaine étranger qui n'est ici que depuis quelques jours, qui doit demain pour la première fois venir à la cour.

GAULTIER

Son nom?

MARGUERITB.

Buridan, je crois.

GAULTIER

Buridan! et vous avez donné l'ordre qu'il fût arrêté, n'est-ce pas?

MARGUERITE

C'est ce soir seulement que j'ai su cela, et je n'avais point là mon capitaine des gardes.

GAULTIER

L'ordre ! l'ordre ! que j'arrête cet homme-là moimême ! Oh ! un autre n'arrêtera pas l'assassin de mon frère! l'ordre, Marguerite! l'ordre, au nom du ciel t

Tu l'arrêteras, toi?

GAULTIER

Oui ! fut-il en prière au pied de l'autel, je l'arracherai du pied de l'autel. Oui, je l'arrêterai, partout où il sera.

marguerite va à la table et signe un parchemin*

Voilà l'ordre.

GAULTIER

Merci, merci, ma reine !

margueritb, menaçante.

Oh ! Buridan, c'est moi maintenant qui tiens ta vie entre mes mains.

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