‹ Œuvres, vol. 2Chapitre 487 sur 999 · ACTE IV, 8CÈNE VIL · texte numérisé non relu

ACTE IV, 8CÈNE VIL

sonnaient, qui me disaient que j'étais belle, que le monde était A moi, que je pouvais le bouleverser pour un moment de plaisir!... pas de forces pour lutter.... des passions, des remords....- des nuits pleines de spectres, si elles ne l'étaient de volupté! ... Oh ! oui, oui, il n'y a qu'à un complice qu'on puisse dire de pareilles choses 1

BURIDAlf.

Mais, dis-moi, si près de toi tu avais eu tes fils?

MARGUERITE

Oh ! alors, aurais-je osé sous leurs yeux , quand la voix de mes enfants m'eût appelée ma mère! aurais-je osé faire des projets de meurtre et d'amour? Oh! mes fils m'eussent sauvée, ils m'eus* sent rendue à la vertu peut-être... Mais je ne pouvais garder mes fils ! mes fils!... Oh ! je n'osais pas prononcer ces mots!... car, parmi les spectres que j'ai revus, je n'ai point revu mes fils, et je tremblais en les appelant d'évoquer leurs ombres! bcridan.

Malheureuse! ils étaient près de toi, et rien ne t'a dit : Marguerite, voilà tes fils !

MARGUERITE

Près de moi?

BURIDAlf.

L'un d'eux, malheureuse mère, l'un d'eux... tu )'as vu à tes genoux, demandant merci contre le poignard des assassins ! Tu étais là, tu entendais ses prières... et tu n'as pas reconnu ton enfant, et tu as dit : Frappez !

MARGUERITE

Moi, moi... où cela?

BURIDAlf.

Ici, à cette place où nous sommes.

MARGUERITE

Ah! quand?

BURIDAlf.

Avant-hier.

■ARGURRITX.

Philippe d'Aulnay? vengeance de Dieu!

BURIDAlf.

Voilà ce qu'est devenu l'un... Marguerite, pense à ce qu'est l'autre.

MARGUERITE

Gaultier?

BURIDAlf.

L'amant de sa mère !

MARGUERITE

Oh! non, non ; grâce au ciel, cela n'est pas , et j'en remercie Dieu, je l'en remercie à genoux... Non, non, je puis encore appeler Gaultier mon fils, et Gaultier peut m'appeler sa mère.

DURIDAlf.

Dis-tu vrai?

MARGUERITE

Par le sang du martyr qui a coulé là, je te le jure!... Oh ! oui, oui, c'est la main de Dieu qui a dirigé tout cela , qui m'a mis au cœur cet amour bizarre, tout de mère et pas d'amante ! c'est Dieu... Dieu bon, Dieu sauveur qui voulait qu'avec le repentir le bonheur revint dans ma vie!... Oh! mon Dieu, merci, merci !

(Elle prie.)

BURIDAlf.

Eh bien! Marguerite, me pardonnes-tu, vois-tu encore en moi un ennemi?

MARGUERITE

Oh ! non, non, le père de Gaultier!

BURIDAlf.

Ainsi ! tu le vois, nous pouvons être heureux encore!.... Nos vœux d'ambition sont remplis, plus de lutte entre nous... Notre fils est le lien qui nous attache l'un à l'autre... Notre secret sera enseveli entre nous trois !

MARGUERITE

Oui, oui !

BURIDAlf.

Crois-tu que tu peux encore être heureuse?

MARGUERITE

Oh ! si je le crois ! et il y a dix minutes , cependant, je ne l'espérais plus.

BURIDilf.

Une seule chose manque à notre bonheur, n'estce pas?

Notre fils, notre fils là, entre nous deux... notre Gaultier.

BURIDAlf.

Il va venir.

MARGUERITE

Comment !

BURIDAlf.

Je lui ai rerois la clef que tu m'avais donnée. Il va venir par cet escalier par où je devais venir, moi.

MARGUERITE

, Malédiction ! et comme c'était toi que j'attendais, j'avais placé.... damnation!.... j'avais placé des assassins sur ton passage !

BURIDAlf.

Je te reconnais bien là, Marguerite.

( On entend un cri dans l'escalier. )

MARGUERITE

Cest lui, lui qu'on égorge !

BURIDAlf.

Courons!...

(Ils vont à la porte qu'ils secouent.)

MARGUERITE

Qui donc a fait fermer cette porte? Oh! c'est

LA TOUR DE NESLE

moi... moi ( Orsini, Orsini ! ne frappe pas, malheureux I

buribah , secouant la parié.

Porte d'enfer!... mon fils! mon fils !!!

MARGUERITE

Gaultier!

BURIBAH.

Orsini!... démon!... enfer! Orsini!!!

MARGUERITE

* Pitié! pitié!

gaultibi, en dehors, criant et appelant au secoure. A moi ! à moi ! au secours !

MARGUERITE

La porte s'ouvre !

(Elle recule.)

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