‹ Œuvres, vol. 2Chapitre 496 sur 999 · SALICETTI · texte numérisé non relu

SALICETTI

Qu'importe! Turenne a bien brûlé le Palatinat.

BONAPARTE

C'était nécessaire à ses desseins : ici c'est un crime inutile.

FRtRON.

Serais-tu aristocrate par hasard? — (Bonaparte hausse les épaules.) Citoyen général, il faut en finir. — Attaque la ville comme tu l'entendras; mais que dans huit jours la ville soit prise... ou dans neuf jours je t'envoie à Paris comme suspect... et dans quinze, — tu comprends.

CABTAUX.

Oui, oui : eh bien ! alors , je m'en tiens au plan du comité... L'attaque générale aura lieu demain.

BONAPABTE.

Tu te perds, et l'armée aussi.

CABTAUX.

Mais que faire alors?

Bonaparte, se levant et montrant sur la carte le fort du Petit-Gibraltar.

C'est là qu'est Toulon.

CABTAUX.

Là?... mais pas du tout... Il nous montre l'issue de la rade... Toulon n'est pas de ce côté... — (A part.) Prendre le Petit- Gibraltar pour Toulon! Bonaparte, avec force.

C'est là qu'est Toulon , vous dis-je. Prenons ce fort aujourd'hui, et demain ou après-demain nous entrons dans la ville.

SALICETTt.

C'est le mieux- défendu.

BONAPARTE

Preuve qu'il est le plus important.

OASPARIN.

Le commandant lui-même l'a jugé tellement imprenable, qu'il a dit que, si nous l'emportions, il se ferait jacobin.

BONAPABTE.

Qu'on me charge de l'attaque , et dans douze heures je lui enfonce moi-même, ou mon épée dans la poitrine, ou le bonnet rouge sur la tête.

SALICETTT.

Mais nous perdrons dix milles hommes.

BONAPABTE.

Dix mille, vingt mille, qu'importe? pourvu qu'il

NAPOLÉON BONAPARTE

m'en reste trois mille pour y mettre une garnison, ration.

Ah ! voilà le philanthrope qui ne vent pas brûler ♦uit cents maisons et veut faire tuer dix mille hommes...

lonàPAiTE, n'éloignant.

Niais!

CABTAUX*

Ainsi donc, citoyen commandant, tiens-toi prêt à foudroyer la ville.

BONAPABTB.

D'ici?

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