LB SALTIMBANQUE
Hais ici ça gène la société.
LQREMH.
C'est juste, qu'on t'a dit. Qu'est-ce que tu veux de plus?
{Il entre.)
UN MABCHANB.
Achetez , achetez. — Citoyenne , un beau parapluie. — ■ Citoyen, une belle canne...
un CBIBUB.
Voilà ce qui vient de paraître à l'instant. C'est la marche de la cérémonie qui aura lieu demain , pour le couronnement du premier consul Bonaparte, sous le nom de Napoléon I er , empereur des Français, avec le détail des rues où passera le cortège. Voilà ce qui vient de paraître à l'instant sur le Moniteur. C'est le détail...
VU PASSANT
Combien?
LB CBIBUB.
Deux sous... Voilà ce qui vient de paraître...
LB PASSANT
C'est bon à savoir. Si je ne réussis pas ce soir, — eh bien ! demain , d'une fenêtre, d'un grenier nous verrons... — Il devait être ici de sept heures et demie à huit heures. — (Donnant $on papier à un homme du peuple. ) Eh bien ! qu'est-ce que tu dis de cela, toi?
l'homme.
Je dis que ça sera une belle cérémonie.
LB PASSANT
Et tu es content?
l'homme.
Tiens, je crois bien ! — y a distribution gratis.
LB PASSANT
Et voilà le peuple sur lequel nous comptons ! — De quel quartier es-tu, citoyen?
l'iomme.
Faubourg Saint-Marceau, connu dans la révolution.
LB PASSANT
Eh ! qu'est-ce que pense ton faubourg si républicain?
l'homme.
II est content.
LB PASSANT
Et il se voit tranquillement arracher la liberté? l'homme.
Voyez-vous, citoyen , la liberté, c'est le pain à deux sous la livre. Y a de l'ouvrage, et on paye en argent. Vive la liberté et l'empereur Napoléon! Je ne connais que ça.
LB PASSANT
Les misérables ! pas un mot pour leur souverain légitime!
LB MA1CHANB.
Achetez, achetez, etc.
LB passant, êuivant de$ yeux un homme dans la fàule.
Est-ce lui? — (A demi-vois.) Saint-Régent et Carbon.
DEUXIÈME PASSANT
Cerachies et Aréna.
PBBMIBa PASSANT.
C'est toi? — Eh bien ! quelles nouvelles?
DEUXIEME PASSANT
J'ai fait passer un billet à George Cadoudal.
PBBMIBA PASSANT.
Comment?
DEUXIÈME PASSANT
Dans son pain. Je lui dis que ce soir nous avons un rendez-vous ici, que Bonaparte y vient quelquefois déguisé pour connaître l'opinion du peuple, et que, si nous pouvons le joindre... Enfin... il nous connaît.
PBEMIEB PASSANT.
Et Morcau?
DEUXIÈME PASSANT
Ah! Moreau! Il n'y a rien à attendre de lui ; il fait de la délicatesse, de la grandeur d'âme. Nous étions parvenus à soulever les soldats en sa faveur, tous les moyens d'évasion étaient préparés, il a refusé d'en profiterai veut être jugé. — Quant aux frères Polignac...
PBEMIEB PASSANT.
Chut!... Il n'y a pas un instant à perdre. Demain on le couronne ; s'il allait faire grâce aux conspirateurs, cela ruinerait le parti royaliste, en le dépopularisant encore. Et puis des gens graciés , il n'y a plus moyen de les faire conspirer. Écoute. L'un de nous le suivra s'il vient ce soir, et au moment où il le frappera, l'autre criera au voleur à l'autre
NAPOLÉON BONAPARTE
bout du marché. — (Apercevant Ve$pion qui rode autour do lui.) Cet homme oous observe toujours ;
— viens.
lb cbibub.
Voilà ce qui vient de paraître, etc.
labbbbbchb, êoriani de la baraque.
Tenex, mon ami ; — enchanté ! il est impossible de ne pas le reconnaître, quand ou a eu le bonheur de voir une seule fois le grand homme.. .. Je crois que voilà un homme qui m'écoute.
lobbair, $ortant.
Je vous dis que je ne payerai pas.
LB SALTIHBAKQVB.
Et pourquoi ?
L0BBAI5.
Parce que vous avex dit que Ton ne payait que si l'on était content, et que je ne suis pas content du tout. — C'est pas pour les deux sous ; et la preuve...
— (Se retournant.) Garçon! un petit verre... • — ( // avale le petit verre et paye. ) Vous voyex bien que c'était pas pour les deux sous. Mais vous m'avez fait des pyramides qui me suffoquent, cré coquin ! et puis à Marengo, le premier consul n'est pas ressemblant. ..