ACTE II, SCÈNE III
•troc, à l'eepion.
La personne que vous avex sautée désire savoir votre nom.
l'espion.
Ai-je demandé le sien ?
ruroc.
Voilà sa bourse.
l'espion , montrant son bras.
Voilà mon sang.
BUROC.
Prends.
l'espion, jetant la bonne au peuple.
Tenez, mes amis, buvez à la santé du premier consul. C'est lui qui était tout à l'heure au milieu de vous.
TOUS
Vive le premier consul !
TROISIÈME TABLEAU
Les Toilerie».
CHARLES, puis JOSÉPHINE.
Charles, entrant.
Neuf heures et demie : — le premier consul est en retard.
Joséphine, de la porte.
Charles! Charles!
CHARLES
Ah, madame!...
Joséphine.
Mon mari n'est pas encore sorti de sa chambre?
CHARLES
Vous savez qu'il m'a dit de ne le réveiller que lorsque j'aurais de mauvaises nouvelles, et aujourd'hui, je n'en ai que de bonnes.
JOSÉPHINE
Pour tout le monde?
CHAILES.
Oui.
Joséphine, vivement.
Il a signé?
CHARLES
Hier.
JosiraniB.
Et... a-t-il grondé?
Un peu... Il trouve que six cent mille francs de dettes en six mois...
Joséphine.
Neuf mois.
CHARLES
Eh bien! neuf mois... — Il trouve, dis-je...
JOSÉPHINE
Charles, s'il savait!...
CHARLES
Ah! madame, qu'est-ce que vous allez me dire?...
JOSÉPHINE
Charles; vous qui êtes son ami de collège...
CHARLES
Ah ! mon Dieu, vous m'épouvantez.
JOSÉPHINE
S'il savait que je n'ai osé en avouer que...
CHARLES
Les trois quarts?... les deux tiers?
Joséphine, à demi-vote.
La moitié.
CHARLES
Douze cent mille francs de dettes ! Savez - vous ce que la nation accorde par an au premier consul ?
JOSÉPHINE
Oui, cinq cent mille francs.
CHARLES
Eh bien ! cela suffit à tout : pensions, faveurs, gratifications, traitements, tout est pris là-dessus.
JOSÉPHINE
Charles, je vous jure que ce n'est pas ma faute...
Voyons... en conscience. J'ai vu un mémoire de Leroy : — trente-quatre chapeaux pour un mois ! . . .
NAPOLÉON BONAPARTE
Joséphine.
Ah ! vous savez que Bonaparte n'aime pas à me voir plusieurs fois les mêmes chapeaux.
CHABLIS
Oui; mais trente -quatre pour un mois : est-ce que vous en mettez deux par jour?
JOSÉPHINE
Non, mais ces fournisseurs me tourmentent, ils m'envoient des caisses pleines d'objets du meilleur goût, je ne sais lesquels choisir ; alors ils me disent de garder tout, qu'ils n'ont pas besoin d'argent... — Je me laisse tenter ; puis, sans que je sache comment, cela fait des sommes énormes.
CHAULES.
Douze cent mille francs!
JOSÉPHINE
Oh ! d'abord tout cela n'a point passé à ma toilette.... — N'ai-je point mes pensions aussi.. .. — mes veuves, mes orphelins ? Une main qui se tend vers moi peut-elle s'éloigner vide ?
CHARLES
Oui, je sais que vous êtes bonne.
JOSÉPHINE
Si vous saviez comme cela fait du bien de donner !... — Puis je leur dis de prier pour le premier consul... pour moi.
CHAELES.
Pour vous !... et que pouvez-vous désirer?
JOSÉPHINE
Charles je suis quelquefois bien malheureuse!.... — Ah ! ce n'est point Bonaparte qui.... non , vous savez s'il est bon avec moi ! — Nais empereur, empereur, sera -t- il toujours le maître?.... — Charles, vous a-t-il jamais parlé de divorce ?
chaeles , vivement.
Jamais.
JOSÉPHINE
Oh ! s'il vous en parlait, Charles, au nom du ciel ! au nom de ce qu'il y a de plus sacré au monde...— Oh! le voilà, je l'entends.... Je me sauve.... — Charles, ne lui parlez pas des six cent mille francs qui restent... Plus tard... plus tard...
CHAELES.
Et le bon sur le trésor?
JOSÉPHINE
Ah ! donnez , j'oubliais.