ACTE III, SCÈNE VIII
emploi! des sociétaires, sur les pensions, —sur celle de Talma, qui est portée à trente raille francs.
NAPOLÉON
Donnez ; si nous passons l'hiver à Moscou , je veux y avoir la moitié de ma troupe; je lui enverrai Tordre d'être ici à la fin d'octobre. — Qu'est cela? — ce ne peut être le jour encore?
eus ban* la mm.
Le feu lie feu!
napoléon , balançant vers la fenêtre.
Le feu au Palais marchand, au centre de la ville, dans son plus riche quartier! — Malheur! c'est quelque soldat ivre qui nous incendie un palais. MoaTisa , entrant.
Sire, sire, le feu!
NAPOLÉON
Eh bien ! je le sais, je le vois d'ici. — Ah ! je ne me trompe point : par là, vers la porte de Dorogomilow ! ce feu encore !...— Trévise, eh bien! vous le voyez, je vous charge de la police de la ville ; je remets Moscou, la riche Moscou endormie, entre vos mains , et voilà que de tous côtés les flammes surgissent!...
MOETTBB.
Sire, je ne sais, mais les flammes sortent des maisons fermées ; le feu a été mis intérieurement.
NAPOLÉON
Le feu mis , oui , par quelque pillard qui aura voulu séparer l'or de l'étoffé...— Oh ! voyez, voyez, et qu'on porte des secours.
MpaAT, entrant.
Sire, les pompes sont brisées ; c'est un complot, ce sont les Russes qui nous brûlent; — ils ont changé Moscou en une machine infernale.
NAPOLÉON
Voyez comme le feu accourt ! le vent est donc complice?
l'bspioh, entrant.
Sire, sire, pardon! mais tout brûle, tout est en feu.
NAPOLÉON
Et qui brûle la ville? qui a mis le feu?
l'espion.
Les Russes, les Mougiques.
NAPOLEON
Impossible.
l'espion.
Regardez , et voyez -les courir au milieu de cet enfer de flammes.
Faites faire feu dessus, tuez-les comme des bêtes féroces! ...—mais cette ville est dont; bâtie de sapin et de résine?
dbs cais, ou dehors.
Le feu au Kremlin ! le feu !
■ça at.
Sortons, sire, sortons.
NAPOLÉON
Oh! restez, messieurs ! n'avez-vous pas peur que ce palais vous tombe sur la tête? — Restez et écoutez : A la lueur des flammes de Moscou allumées par les Russes, guerre éternelle aux Russes! — Ils nous chassent de leur première capitale : — poursuivons -les dans la seconde. — Laissez brûler et écoutes-moi.
lis soldats, au dehors.
L'empereur! l'empereur!
napoléon , de la fenêtre.
Me voilà, enfants, ne craignez rien. Je veille sur vous , Dieu sur moi. — Laissez brûler, messieurs, et si le feu épargne quelque chose , anéantissez ce que le feu épargnera. A compter de cette heure, Moscou n'existe plus sur la carte du monde ; la Russie n'a plus qu'une capitale : c'est Saint-Pétersbourg, et dans douze jours nous y serons.