‹ Œuvres, vol. 2Chapitre 548 sur 999 · LE MARQUIS DR LÀFEU1LLÀDE, LE BARON , LE VICOMTE · texte numérisé non relu

LE MARQUIS DR LÀFEU1LLÀDE, LE BARON , LE VICOMTE

LI MARQUIS

Ah! bonsoir, monsieur le baron. Quelles nouvelles?

LI BAROR.

Mauvaises, — Bonaparte a battu les Prussiens à Champ-Aubert et à Montmkail.

LB MARQUIS

Est-ce sûr?

LB RAROR.

Tcnei, demandez au vicomte.

LB VICOMTE

Ah! mon cher, tout est perdu. — Les alliés sont en pleine retraite. — On les a poursuivis sabrant

jusqu'à Château-Thierry. — Le peuple se lève, il s'est armé avec les fusils prussiens dont les routes sont couvertes ; si Soissons tient, tout est perdu.

LB MARQUIS

Savez-vous si les souverains alliés ont reçu à temps nos lettres?

LB BAMOIf .

Elles ont été remises à un homme sûr.

il VtOOMt*.

La paix n'est point à craindre alors?

LB MARQUIS

Non. Les conditions qu'on lui imposera ne sont point acceptables. U faut qu'il ait l'air de vouloir la guerre. — Qu'est-ce que cela ?

LB BARON

Quoi?

LB MARQUIS

Ce bruit?

NAPOLÉON BONAPARTE

ib baron, de la fenêtre.

Qu'y a-t-il, mon brave?

un homme, de la rue.

Dix mille prisonniers russiens qui passent sur le boulevard. Tenez les voir.

Olf CRIEUR.

Voilà ce qui vient de paraître ! — Bulletin de la grande victoire remportée par l'empereur Napoléon à Montmirail et à Champ-Aubert.

LB MARQUI8.

Allons! — (Se jetai}* dans un fauteuil.) Que faire?

LB BAROlf.

Cela ne peut pas durer. — Cet homme les bat partout où il se trouve ; c'est vrai ; mais il ne peut pas être partout.... — Avez-vous reçu des lettres du comte d'Artois?

LE VICOHTI.

Oui... 11 est en Franche-Comté, — à la suite des Russes.

LB MARQUIS

Et ses fils?

LB VICOMTE

Le duc d'Angouléme est au quartier général des Anglais dans le midi.— Le duc de Berry est à Jersey. Tout va bien par là.

LB BAROlf.

Mais il faudrait le faire savoir aux souverains alliés.

TOUS

Sans doute, sans doule.

LB MARQUIS

Avez-vous vu la proclamation de Louis XVIII datée d'Hartwell? — Très-bien! des pardons, des places ...

LB vicomte.

Eh bien ! mais il est impossible que Bonaparte avec ses quarante mille hommes puisse même résister...

LB MABQUIS.

Mais les alliés le croient bien plus puissant.

LB BARON

Il faudrait les prévenir de sa faiblesse.

tous.

Certes!

LB VICOMTE

Mais il faudrait un homme sur qui ne craignit point de passer à travers les rangs français... —

Quant à Paris, il n'y a rien à craindre : la police est pour nous.

LB MABQUIS.

J'irai, moi, si vous voulez.

LB BABOlt.

Vous?

LB VICOMTE

Vous?

LB MARQUIS

Oui. — Si je suis fusillé,—- eh bien! vous direz à ma mère : — Il est mort digne de vous, digne de son père, — il est mort pour ses princes légitimes.

LB BARON

Comment passerez- vous?

LE MARQUIS

Avec une livrée. — J'aurai l'air d'appartenir à quelque général de l'armée. — Mais un passe-port?

UL VICOMTE

J'en ai trois ou quatre en blanc — que la préfecture m'a donnés — en cas de besoin.

LB MARQUIS

Eh bien! vite alors... car il n'y a pas un instant à perdre. ... — Donnez-moi les lettres. — (Appe* tant.) Germain!

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