DANS LES RANGS
Chut! — silence. — Il va parler.
NAPOLÉON
Soldats de ma vieille garde, — je vous fais mes adieux. — Depuis vingt ans je vous ai trouvés constamment dans le chemin de l'honneur et de la gloire ; dans ces derniers temps comme dans ceux de notre prospérité, vous n'avez cessé d'être des modèles de bravoure et de fidélité. Avec des hommes tels que vous , notre cause n'était pas perdue ; — mais la guerre était interminable : c'eut été la guerre civile, et la France n'en serait devenue que plus malheureuse. — J'ai donc sacrifié tous nos intérêts à ceux de la patrie. — Je pars. — Vous, mes amis, continuez de servir la France.— Son bonheur était mon unique pensée : il sera toujours l'objet de mes vœux ! Ne plaignez pas mon sort ; si j'ai consenti à me survivre, c'est pour servir encore à votre gloire. —Je veux écrire les grandes choses que nous avons faites ensemble! — Adieu, mes enfants. — Je voudrais vous presser tous sur mon cœur; — que j'embrasse au moins votre drapeau... — {Le général Petit saisit l'aigle et la présente à Napoléon, qui l'embrasse.) Adieu, encore une fois, mes vieux compagnons! que ce baiser passe dans vos cœurs...