VN ABT
Terre!
XAPOLlOlf.
A genoux ! enfants ; — et vous, messieurs, découvrez-vous : — c'est la France ! — ( Moment de silence solennel. ) Et maintenant il n'y a plus à nous cacher. Hissez le pavillon tricolore et assurez-le par un coup de canon.
(Tous mettent leur $ bonnets à poil au bout de leurs
baïonnettes, en criant : Vive la France !)
napoléon, au général.
Général, prenez dix hommes, deux officiers; allez reconnaître la côte avec la felouque la Caroline. — Eh bien ! oui, mes amis, c'est notre France, notre France chérie. Nous allons la revoir ! — Notre Paris si beau, avec ses ponts d'Âusterlitz et d'Iéna, son Panthéon et sa Colonne.
lorrain. v
Cré coquin ! sire, — croyez-vous que ces gueux
de Cosaques n'ont pas emporté tout cela pour le mettre dans des cabinets de curiosités !.♦. ma coton ne surtout !...
HAPOLBOS.
Non, mon ami , sois tranquille ; d'ailleurs, s'ils l'avaient abattue, nous leur reprendrions esses de canons pour en refondre une autre. A la côte ! — A la côte!— (Tout le monde s'embarque sur des chaloupes. Napoléon met le pied sur la terre de France.) Salut, sol sacré! France bien-aimée ! Dieu m'est témoin que je n'aurais jamais remis le pied sur ton rivage, si je ne croyais le faire pour îe bon* heur de tes fils — et le bien du monde ! — Monsieur le grand maréchal, laissez approcher ces hommes ; — ce sont mes enfants. — Venez, mes amis ;
— c'est moi, votre empereur, votre pire» votre Napoléon...
un paysan, se jetant à ses pieds* Sire, je suis un vieux soldat. — Je ne croyais jamais vous revoir ; — je ne vous quitte plus.
NAPOLÉON
Eh bien! vous le voyez, Bertrand, voilà déjà du renfort. — Enfants , nous sommes débarqués au milieu d'un bois d'oliviers, c'est de bon augure. ..
— Lorrain , — ton fusil ; — voilà le seul coup de fusil qui sera tiré d'ici à Paris. — En marche, mes enfants! à Paris!
TOUS
A Paris! à Paris!
(Le théâtre change.)
VINGTIÈME TABLEAU
Lêê Toileries.