‹ Œuvres, vol. 2Chapitre 580 sur 999 · SI · texte numérisé non relu

SI

que ina femme vient d'accoucher.... — (A part.) Si l'empereur consentait à être le parrain!...

laseedèche dépose son drapeau derrière un meuble.

Ah ! monsieur le maître de la garde-robe , un instant, un instant ! —Vous ne tous en irez pas comme cela. Ma pétition ! ma pétition.!— -Ah ! j'ai voulu voir ce que vous pensiez; vous vous êtes trahi devant moi : c'est un piège que je vous ai tendu.. •• — Et ▼ous appelez un brigand ,— un ogre ,— Napoléon le Grand, — empereur des Français, — roi d'Italie, —protecteur de la confédération du Rhin,— médiateur de la confédération suisse !... — Ma pétition...

LZ GEAlfD MAITU.

Monsieur, c'est impossible ; je l'ai mise sous les yeux du roi , et Sa Majesté ayant égard à vos services et aux malheurs de votre famille , vous a accordé une pension de dôme cents francs.

LABEEDÈl. z.

Une pension de douze cents francs!

LB CtEAlfD MAItEB.

Elle est enregistrée au grand-livre depuis hier, et en voici le brevet.

LABEBDÈCEE.

Le brevet enregistré... et l'autre qui sera ici dans

une demi-heure —Eh bien! il ne se ruine pas,

rotre roi !... — ses grâces ne lui coûtent pas cher. — Il accorde hier, et il s'en va aujourd'hui : sa pension m'aura été payée un jour... —Douze cents francs par an : — c'est trois livres dix sous que j'ai droit de toucher ... — Je ne veux rien de la famille des Bourbons! je suis un homme désintéressé... . — J'aime et j'admire l'empereur, entendez-vous? — Je déchire votre brevet... — (A part.) Ne jetons ' pas les morceaux... Cela peut servir... — (Haut.) Apprenez, monsieur, que j'ai eu deux frères gelés en Russie... — (A part. ) Je crois que c'est le moment de replacer mes frères

Ulf AIDE DE CAMP.

Factionnaire, ne laissez sortir personne...

LADEEDÈCHB.

Eh bien ! me voilà enfermé ici, moi? compromis avec la famille royale? — {A des courtisane.) C'est une indignité, messieurs!...

LA SENTINELLE

Messieurs, on ne passe pas.

PLUSIEUES voix.

Comment! — Pourquoi?

quelqu'un.

Mais je serai compromis, moi, si l'empereur me trouve ici...

LI COMTE

Si j'avais pu du moins quitter cet habit !...

LABEEDÈGflS.

Monsieur le comte.... — (A part. ) Diable! il y

a des décorations, des crachats pour douze cents francs au moins... —Une année de ma pension !...

— Monsieur le comte, si vous voulez le mien, vous pourrez vous mêler dans la foule sans être reconnu...

Oh!, mon ami, quel service! — ( Ile changent d'habité.) Là! mon chapeau, — donnez-moi le vôtre... — Je me sacrifie.

des voix.

C'est le roi qui nous perd tous.

d'autbes.

Non, c'est la chambre...

d'autebs.

Si le roi n'avait pas proposé des lois....

LAPEUILLABE.

Le roi va passer, messieurs ; silence, quelles que

soient les opinions ! Royalistes, n'oubliez pas

qu'il est le fils de saint Louis... — Libéraux , souvenez-vous que c'est à lui que vous devez la Charte.

— Respect au malheur et aux cheveux blancs !.... (Louis X FI II passe : profond silence. Lee courtisans le suivent et parlent en sortant.)

PEBMIEE COUETISAlf.

Vas-tu à Gand?

DEUXIEME COUETISAlf.

Non.

TROISIEME COUETISAlf.

Et monsieur le comte?

QUATRIÈME COUETISAlf.

J'accompagne Sa Majesté.

BSaiflEB.

Et moi, je reste ici. — On a dû parier à l'empereur... '

labeedèche , tirant de sa poche une cocarde tricolore.

Arborons les couleurs nationales î... maintenant l'autre peut venir.

Ulf DE CEUX QUI SONT ZESTES.

Oh! monsieur, où vous étes-vous procuré cette cocarde ? Si je pouvais en avoir une ! ...

Ulf SECOND COUETISAlf.

Et moi!

Ulf TROISIÈME.

Et moi aussi!

Ulf QUATRIÈME.

On ne nous en vendrait pas peut-être?...

LABEEDÈCHE.

J'en ai, messieurs ! j'en ai pour nous tous ! Il y a longtemps que je conspire! — J'avais des correspondances avec l'Ile d'Elbe. — Il y a trois mois que je sais que notre grand empereur va revenir.. •

— Quel homme!

Ulf AUTEE.

Et on l'appelait un tyran !

NAPOLÉON BONAPARTE

LABRBBBCU.

Lu tyran, lui!... Lui si bon, qui m'avait donné une pension parce que mes deux frères avaient été gelés en Russie...— (A pari.) Ce n'est plus le moment de parler de mon père — Ah ! messieurs,

qu'est-ce qu'on entend?

plusiburs pbrsonn is, entrant.

L'empereur vient d'entrer à Paris.

labbbdbcbb, à un huùiier.

Mon ami , voilà cinq francs ; courez chez moi , rue de La Harpe, au cinquième ; faites mettre quatre lampions sur ma croisée... — Un jour de fête, morbleu!... — Vive l'empereur !

CRIS DANS Ll LOINTAIN.

Ah! ah! le voilà.. . voilà.

LABRBBBCU.

Entendez-vous, monsieur? le voilà, le conquérant du monde ! il s'approche ; nous allons le voir face à face.

Vil AUTBB.

Quel bonheur !

CRIS PLUS RAPPBOGBBS.

Vive l'empereur ! — Vive l'empereur !

( Des officiers généraus entrent. )

LAB1BDÈCHB.

Soyez les bienvenus, messieurs ; nous vous attendons, nous attendons l'empereur.

m orricua.

Il nous suit, messieurs...

BRUIT bb von.

Le voilà ! — Vive l'empereur ! — Sire... — non! nous vous porterons. — C'est dans nos bras que Votre Majesté doit entrer dans son palais, •• napoléon, entrant.

Oui, mes enfants, oui, je vous remercie. — Oui, je suis votre père, votre empereur... — Votre joie ■ae va au cœur. Mes amis, — vous savez : quand l'empereur revient aux Tuileries, on remet le drapeau...

DBS voix.

Un drapeau ! un drapeau !

LABBBDBCBB.

Quel trait de lumière ! — Un drapeau ! — moi,

j'ai un drapeau — que j'ai apporté au milieu

de mille dangers ! — un drapeau que je conservais caché depuis huit mois, — pour cette mémorable journée ! — Le voilà, sire. — Je suis heureux d'être le premier à offrir à Votre Majesté cette preuve de dévouement à son auguste personne.

PLBSIMBS VOIX.

Arborons-le! — Arborons-le!

napoléon, è Labredèohe.

Je vous ai déjà vu.

LABRBBBGIB.

Sire, Votre Majesté m'avait accordé une pensioa de douze cents franc*.. .

BBS GOUATUAJU.

Votre Majesté veut-elle recevoir nos félicitations?

tout.

Sire... Votre Majesté*. •

NAPOLÉON

Oui , messieurs ; nous n'oublions pas que c'est une révolution de soldats et de sous-lieutenants;— d'autres en profiteront peut-être, nuis c'est le peuple qui a tout fait, c'est à lui que je dois tout. l'buimur.

Sire , les envoyés de la chambre des députés sont là...

NAPOLÉON

Faites entrer.

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