‹ Œuvres, vol. 2Chapitre 587 sur 999 · LAS CA8B · texte numérisé non relu

LAS CA8B

Le monde tous vengera, sire; et vous êtes plus grand ici qu'aux Tuileries.

NAPOLÉON

Je le sais bien, et cela me fait passer sur beaucoup de choses!... Mais si c'est à ce prix qu'on devient un homme de Plutarque !... — Au moins Régulas n'a souffert que trois jours.

HA1CIAND.

Voici votre café, sire. — Il y avait ta le médecin de sir Hudson Lowe...

NAPOLÉON

Et pourquoi le médecin de sir Hudson Lowe?

MARCHAND

11 a appris que Votre Majesté était souffrante.

NAPOLÉON

Et il m'envoie son médecin?...

( il flaire son café et le jette. )

HADXHAlfD.

Est-ce que ce café est mauvais, sire?

NAPOLÉON

Non ; — mais Corvisart m'a toujours dit de me défier du café qui sent l'ail. — H me semble pourtant que du café m'aurait fait du bien... — Mais je n'en ai encore pris de bon qu'une fois depuis que je suis ici, — et j'ai été mieux pendant trois jours... — Marchand, il faudra vous en procurer à quelque prix que ce soit.

MA1CIAN1.

Sire, nous n'avons paa d'argent.

NAPOLÉON

Vous le troquerez contre un bijou quelconque à moi. — ( Bruit en dehors. ) Eh bien, qu'y a-t-il ? — quel est ce bruit? voyes ; — c'est la voix de Santini... voyez.

su hudson lowi, dans la coulisse.

French dog !

SANTINI

Rirbone!

NAPOLÉON

Oh ( une dispute entre Santini et le gouverneur.

bahchand, 4e la porte.

On n'entre pas.

tia hudson lowi.

H faut queje lui parle.

napoléon, à Marchand.

Laissez... laissez... — Je vous écoute, sir Hudson! mais parlez de la porte ; — c'est de là que me partent mes valets.

Ml HUDSON LOWI.

! Général Bonaparte...

D'abord je ne suis pas pour vous le général Bonaparte : — je suis l'empereur Napoléon . — Nommezmoi du titre qui m'appartient, — ou ne me nommes pas.

811 HUDSON LOWI.

J'ai reçu l'ordre de mon gouvernement de ne vous appeler que...

NAPOLÉON

Ah ! oui, de lord Castelreagh, de lord Bathurst !

— Qu'ils m'appellent comme ils voudront ! ils ne m'empêcheront pas d'être moi. — Eux tous , et vous qui me parlez, vous serez oubliés avant que les vers aient eu le temps de digérer vos cadavres ;

— ou si vous êtes connus, ce sera pour les indignités que vous aurez exercées contre moi ; — tandis que l'empereur Napoléon demeurera toujours l'étoile des peuples civilisés!... — Parlez maintenant; — que voulez-vous?

811 HUDSON LOWI.

Que le Corse Santini soit remis entre mes mains.

NAPOLÉON

Et qu'a fait le Corse Santini ?

Sim HUDSON LOWI.

Il a frappé l'un des soldats anglais qui abattaient les arbres qui sont sur le chemin de Plantation- House.

LAS CASIS.

Et pourquoi abattait-on ces arbres?

Pourquoi, mon pauvre Las Cases? — pourquoi?

Parce que l'empereur Napoléon aimait à se reposer sous leur ombre qui seule brisait la force de leur soleil du tropique... — S'ils pouvaient faire rougir la terre, ils le feraient.

SIX HUDSON LOWI.

Le gouvernement ignorait...

NAPOLÉON

Vous ne l'ignoriez pas , vous ! — vous qui m'avez vu vingt fois m'y asseoir, sous cette ombre qui me rappelait mes hêtres d'Europe !

SIX HUDSON LOWI.

On en plantera d'autres.

napoléon , se levant.

Malheureux ! — Et que voulez-vous faire de Santini?

811 HUDSON LOWI.

Le renvoyer en France.

NAPOLÉON

Oh ! je vousle livre alors,— aide grand cœur!... Seulement je demande à lui dire adieu. • . — Vous le

fouillerez en sortant —Si c'est tout ce que vous

aviez à me dire... allez. -

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