ALTERE
Je vous la donne.
■ENEl.
Sur l'honneur?
ALFRED
Sur l'honneur.
■ENRi, le regardant fixement.
Vous aimez Angèle?
ALFEEE.
La question est franche.
■EN El.
Que la réponse soit de même.
ALFEEE.
Il faudrait que je susse d'abord dans quel intérêt vous la faites?
HENRI
J'aime mademoiselle de Gaston, monsieur.
ALFRBE.
Alors nous sommes rivaux.
HENRI
Seulement, moi, monsieur, je l'aime d'un amour discret, triste et profond; d'un amour qu'elle ne connaîtra jamais , que personne ne connaîtra jamais : car j'ai votre parole que cet entretien n'aura point d'écho.
ALFEEE.
Permettez-moi de vous dire , monsieur , que je ne comprends pas trop le but de cette confidence, que vous me rendrez la justice d'avouer que je ne réclamais pas.
HENRI
Je vais vous l'expliquer : Je ne dirai jamais à Angèle : je vous aime; car je ne peux pas être son époux ; mais vous comprendrez que celui auquel je céderai la place , et qui lui dira : Je vous aime, doit le devenir.
ALFRED
Tout en reconnaissant en bonne morale la vérité de cet axiome , vous conviendrez que je pourrais , vis-à-vis de vous, me soustraire à son application. Cependant, monsieur, comme mes intentions sont pures et honorables , je n'hésiterai point à vous répondre. Ma position sociale , et je dis cela sans craindre que personne m'accuse de présomption , me permet d'aspirer à la main de mademoiselle de Gaston , et je compte , aujourd'hui même , la demander à sa mère.
HENEI.
Et sans doute , vous vous sentez dans le cœur tout ce qu'il faut d'amour pour rendre cette enfant heureuse.