ACTE IV, SCÈNE I
ANGÈLB.
Rien.
■ENBI.
C'est impossible.... vous souffrez, tous devez souffrir du moins... Vous êtes pâle, changée...
ANGÈLB.
Ne me regardez point ainsi, monsieur Henri... vous me faites mal; vous me mettez au supplice....
■IN El.
Mon Dieu! que puis-je vous dire? que puis-je vous faire...
ANGÈLE
C'est le chagrin de la mort de ma bonne tante.... c'est le voyage qui m'a fatiguée... et pas autre chose... quelques jours me remettront.
iuiu.
Et quand êtes-vous arrivée ?
ANGÈLE
Il y a quatre jours , le soir du bal...
■ENBI.
Monsieur d'Alvimar m'avait dit que ce n'était que le lendemain...
ANGÈLE
Il s'est trompé sans doute, car je l'ai vu, quelque temps après être descendue de voiture, ratai.
Et pourquoi ne pas vous être montrée un instant?
ANGÈLE
J'étais en deuil , j'étais fatiguée.
■ENBI.
Et où étiez-vous pendant ce temps?
ANGÈLE
Dans cette chambre.
HBHBT.
Dans cette chambre ?
ANGÈLE
Oui , c'est la mienne.
■suai, frappé d'une idée.
J'en ai vu sortir Alfred, en effet... pâle, agité... au moment où... (// regarde Angèle fixement, puis il §e relève, recule, et s'écrie avec explosion :) — C'est impossible!...
ANGÈLE
Quoi, quoi donc ?
• ibubi, regardant autour de lui.
Mon Dieu!. ..mon Dieu!...
angèle, le regardant aller vers la porte et se soulevant sur ses bras.
Que fait-il?...
■subi, ouvrant la porte.
Voilà la fenêtre... au rez-de-chaussée... voilà la porte. •• voici un meuble auquel je me suis heurté. . . (Marchant droit à Angèle épouvantée.) — Angèle,
Angèle... répondez-moi comme vous répondriez à Dieu.
angèle.
Que voulez-vous? que voulez-vous...
■ENBI.
Angèle... la nuit du bal...
angèle, répétant machinalement.
La nuit du bal.
■ENBI.
Ah !... un homme conduit par Alfred...
ANGÈLE
Eh bien?...
■lirai.
Les yeux bandés...
N'achevez pas!...
HBNBI.
Est entré ici... dans votre chambre.
ANGBLB.
Et comment le savez-vous?
■ENBI.
C'était moi!...
angèle, se jetant à ses pieds, le front contre terre. Mon Dieu! mon Dieu! tuez-moi...
■enbi, se tordant les bras.
Oh! oh!...
angèle, soulevant sa tête doucement, puis regardant ffenri, puis se relevant tout à coup.
Et mon enfant, monsieur, qu'avez-vous fait de mon enfant?...
■ENBI.
Que dites-vous? je n'entends pas, que ditesvous?...
ANGÈLE
Mon fils... c'était un fils... on m'a dit que le médecin l'avait emporté. Ob! qu'est-il devenu ?... vous m'en répondez, monsieur !
■ENBI.
Il vit.
'angèle.
Oh! il vit... il vit, pauvre ange... Vous l'avez vu... vous avez vu mon enfant? Henri... oh! mon bon Henri, que je vous embrasse !...
■ENBI.
Angèle, vous me tuez.
ANGÈLE
Nous irons le voir, n'est-ce pas?... Aussitôt que je pourrai sortir, nous irons ensemble; vous ne me refuserez point de me conduire près de lu», n'est-ce pas?... Une mère qui demande à voir son enfant, c'est sacré... on ne peut pas empêcher une mère de voir son enfant... son enfant est à elle. Oh ! l'on ne peut pas la priver de son enfant !
. IBNBI.
Nous irons.
ANGÈLE
Quand?
Bientôt.
Mon fils!...
ANGÈLE
■ENEI.
■ENEI.
Parlons d'autre chose...
ANGÈLE
Et de quoi voulex -vous que j'ose parler, si ce n'est de lui?...
■ElfRI.
Parlons de son père.
ANGÈLE
Oh!...
henni.
Point de honte, Angèle... la honte est pour P infâme !
ANGÈLE
Henri, s'il m'épouse !
■ENEI.
Oui... mais il faut qu'il tous épouse.
ANGÈLE
Il me Ta promis.
■ENEI.
Quand?
ANGÈLE
Pendant cette nuit fatale.