‹ Œuvres, vol. 2Chapitre 693 sur 999 · ACTE I, SCÈNE VIII · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE VIII

alors il y aurait eu parmi vos pensée* de coquetterie un souvenir momentané d'amour.

CATHHJH1.

Me trouves -vous jolie ?

ITHILWOOB.

Oh î que trop pour mon malheur, madame.

CATUIIHB.

Alors, remerciez le ciel, qui m'a faite ainsi pour vous; et venez m'embrasser, monseigneur.— (Ethelwood la prend dans ses bras, mais sans l'eut* brasser.) D'ailleurs, je me suis parée par instinct; je me suis faite belle par pressentiment. — ( Met* ' tant la main sur son cœur. ) Je vous sentais venir là... Quittez donc cet air soucieux, voyons, asseyezvous, et moi je vais me mettre à vos pieds, gentil

chevalier, mon beau baron, mon noble comte

Par lequel de ces titres faut-il que je vous appelle? ( Elle va chercher un tabouret, et s'assied.) ithilwooh.

Par aucun de ces titres, car aucun ne m'appartient.

CATHIIIHB.

Comment êtes-vous donc venu que je n'ai

point entendu le galop de votre cheval, de votre merveilleux Ralph, qui vient si vite.... et qui s'en va si lentement?

XTHXLWOOD.

J'ai remonté la Tamise dans une barque de pécheur ; car aujourd'hui, plus que jamais, je craignais d'être reconnu.

CATHERINE

Toujours mystérieux mais lu as donc des

motifs bien puissants?...

XTHILWOOD.

Juge de mon amour, puisque je te les cache à toi, qui es ma vie.

CATBZ1IHZ.

Oh! situ m'aimais!

ithblwood.

Écoute , Catherine ; doute de ton existence , de ton âme, de Dieu!.... doute de la lumière du jour quand le soleil le plus ardent embrase le ciel, mais ne doute pas de mon amour... car jamais femme ne fui aimée par un homme, comme toi par moi...

CATHZIWZ.

Pardon, mon ami.

bthblwood, lui prenant la tête dans ses mains.

Oh! mais regarde-moi donc!.... moi.,., ne pas

t'aimer! mais mon cœur jusqu'à son dernier

battement , ma vie jusqu'à son dernier souffle , mon sang jusqu'à la dernière goutte, tout cela est à toi, Catherine... Et elle dit que je ne l'aime pas, mon Dieu, elle le dit!...

CATIXlIlfl»

Non, non, je ne le dis plus...

XTHILWOOD.

Et si je te perdais, vois-tu... Si un autre!... Oh ! Seigneur ! . . . Seigneur ! . . .

CATHUtlffl.

Qu'as-tu?

ITHBLWOOD.

Je souffre.

CATHBIIHB.

Toi?

irmwooi.

Oui.. ..je suis fatigué. Le front me brûle.... j'ai soif...

cathbiihb, se levant.

Je vais vous servir, mon seigneur.

(Pendant que Catherine va ouvrir un buffet gothique, Etheltcood tire un flacon de sa poitrine et verse une partie de ce qu'il contient dans le vase d'argent ciselé qui se trouve sur la table. )

ithblwood.

Mon Dieu, pardonnez-moi!... c'est tenter votre puissance.

CATHIIIHB.

À défaut de page, voulez-vous que je sois votre échanson ?

(Etheltcood tend le verre. Catherine verse. )

bthilwood.

Merci.

CATHBIIHB.

Comme ta main tremble...

bthblwooh , toujours assis et la prenant dans ses bras.

Catherine, Catherine !... Oh ! jamais, jamais. ..

cathbiihb.

Oh ! comme vous êtes triste aujourd'hui! voyons, quel moyen y-a-t-il de vous distraire?... Voulezvous que je vous dise une ballade sur un ancien roi d'Angleterre nommé Edgar, qui a épousé une vassale... la belle Etfride.

bthblwooh.

Mais chaque mot qu'elle me dit est une torture nouvelle.

CATHBIIHB.

Vous m'écoutez?

ITHILWOOD.

Oui.

CATHBHIIfH.

Dans ope route enfoncée, Le roi do haut d'un rocher, Aperçoit la fiancée De Richard le franc archer, Il s'élance tor sa trace:

Ah ! loi dit-il, prends, de grâce, Mon bras jusqu'à ta maison.

— Non.

CATHERINE HOWARD

— Écoutes-moi, jeune file, Voudrais-tu pas Rallier, Toi, vassale et sans famille, A mol, noble et chevalier ?

Tn serais dame appelée, Et sur ta main gantdée Ta porterais an faucon*

— Mais peut-être de baronne Le rang te séduirait-il ?

Je pois l'offrir la couronne" Où s'enlace le tortil ; Et deux lionnes dressées, De chaque côté placées, Soutiendront ton écasson.

— Non.

— Si tu deviens ma maîtresse, Mon cœur, prompt à s'embraser, Fait du titre de comtesse

Le prix d'un premier baiser.

La couronne au titre est jointe, Et porte sur chaque pointe Une perle pour fleuron.

— Non.

— Brillante entre tes rivales, Dès demain, si ta le veux, Les êtes r boucles ducales

N Se noieront dans tes cheveux,

Et sur ta couronne insigne ' L'or des feuilles de la vigne Imitera le feston.

— Non.

— D'un mot ta peux être reine; Dis oc mot; car je suis roi,

Et ma suite, souveraine, S'inclinera devant toi.

Une couronne royale Peut, crois-moi, d'une vassale Séduire l'œil ébloui.

— Oai.

ITHILWOOB.

Et (elle est la fin des amours de la belle Elfride?

CATHBBIffl.

Est-ce que son histoire ne finit pas bien, elle devient reine.

ITIILWOOb.

Mais Richard ?

CATHB1I1II.

Quel Richard?

ITHELWOOD.

Son amant.

CATHIHIIfl.

La ballade n'en dit plus rien.

KTHSLWOOD.

Ainsi pas un souvenir pour le pauvre abandonné,

ni dans l'âme de sa maltresse, ni dans les vers ëi poète ! Je serai moins ingrat qu'eux, je boirai à sa mémoire.

(Il tient te verre son* le porter à sa bemeke.) CATKiiifs, le regardant.

Eh bien !

rratxwoo».

Eh bien ! oublieuse que vous êtes, ne vous rappelez-vous plus les habitudes de nos amours? Ài^e jamais porté à ma bouche un verre sans que vos lèvres l'aient touché auparavant, sans que je pusse chercher sur ses bords la place où elles l'avaient pressé... Voyons, ma belle Elfride, non, ma Catherine... je me trompe... À la mémoire de Richard... — (Catherine boit ; Ethelwood la suit desyeus terni haletant, prêt à lui arracher le verre des lèvres, puis $e jette à ses pieds en criant : ) O Catherine, Catherine ! pardonne-moi.

CATBInUtl.

Quoi donc?

BT1ILWOO».

C'est qu'il le fallait, vois-tu, c'est qu'il n'y avait que ce seul moyen... que cette unique ressource...

CATHIinfl.

Mais que veux-tu dire?...

% 1TMLWOO».

Nous étions perdus sans cela... nous étions à jamais séparés; tu pâlis... Catherine.

CATniUfl.

Oui, oui, je ne sais ce que j'éprouve... un vertige, un éblouissement!...

BTHILWOOD.

Mon Dieu...

CATM1UII.

Ma poitrine brûle, mon front est en feu... oh! mais cette sueur est mortelle...

BTHLWOO».

Oh ! malheur sur moi, malheur!... La voir souffrir ainsi !... oh ! ne valait-il pas mieux...

CATU1HIB.

Laisse-moi, laisse-moi... de l'eau, de l'eau... j'étouffe... oh! par grâce... par pitié, mon Èthel... Mais je sens que je meurs... à moi... au secours !... bthxlwood, la prenant dans ses bras.

Non, non, pas un cri...

cathulihb, portant les mains à sa tête.

Des fleurs, des bijoux!... — (Les arrachant.) Désespoir... oh ! la vie, la vie, mon Dieu...

BTHITWOO».

Mais tu ne mourras pas.. •

CATHK1INB.

Si jeune, si jeune, mourir... oh ! mon Dieu, ayex

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