‹ Œuvres, vol. 2Chapitre 704 sur 999 · SCENE VII · texte numérisé non relu

SCENE VII

ETHELWOOD, prèe d'une fenêtre ouverte, ta tête potée dame eee utaine ; CATHERINE, entrant.

càmtiiii, allant à Ethelwood et lui donnant la Monseigneur...

.BTIBlWOOft.

Oh ! c'est vous.c Soyei la bien venue pou? mou cœur. Comment ma belle Catherine a4-elle reposé celle nuit dans sa nouvelle demeure?

càTUinri.

Je n'ai pas dormi un seul instant.

ETHEIWOOD.

Et cependant vos y eu* sont brillante, et votre

CATHERINE HOWARD

teint rosé , comme fi le sommeil avait secoué sur vous toutes les fleurs de la nuit.

CATHERINE

C'est que la veille a parfois des songes aussi doux que ceux du sommeil; c'est que le bonheur et Tes* poir rendent aussi les yeux brillants et les joues rosées.

BTHELWOOB.

Vous êtes donc heureuse ?

CATHERINE

Oh? oui, depuis que vous m'avez promis que nous ne quitterions pas l'Angleterre.

ETHBLWOOD.

Mais si nous ne quittons pas l'Angleterre, ma belle duchesse, il vous faut renoncer à ce titre, aux plaisirs de la cour de France, au bonheur de vous entendre dire vingt fois le jour que vous êtes belle.

CATHERINE

Vous me le direz, vous.

BTBBLWOOB.

Mais vous vous lasserez de l'entendre toujours répéter par la même bouche.

CATHERINE

Oh! non.

BTBBLWOOB.

Cher ange !

CATHERINE

Mais, dis-moi, pourquoi m'as-tu reléguée dans l'appartement le plus reculé de ce château ; il me semble cependant que la vue que l'on découvre de cette chambre est beaucoup plus belle, et durant tes absences, car, tu me l'as dit, tu seras obligé d'aller de temps en temps à la cour, cette vue m'eût été une distraction ?

BTHELWOOB.

Catherine, cette chambre a toujours été la mienne. Un changement dans mes habitudes eût pu faire naître des soupçons; mes pages, mes domestiques y viennent chercher, à chaque heure du jour, mes ordres ; si quelque étranger s'arrête au château, c'est ici qu'on le conduit à l'instant ; tu vois que j'avais tout calculé, et que c'était une chose impossible.

CATHERINE

Mais je pourrai, n'est-ce pas, car d'ici l'on découvre la route, je crois, y venir épier ton retour, te saluer de loin avec mon mouchoir, et te dire par un signe ce que je ne pourrai te dire encore avec la voix : Viens vite , car je t'aime , je pense à toi , et je t'attends.

ETHELWOOD.

Mais le château tout entier n'est-il pas vôtre, mon amour? — Oui, viens ici, mais jamais sans les plus grandes précautions, n'est-ce pas, jamais sans fermer cette porte comme je vais le faire ?

CATHERINE

Dis-moi, c'est Londres que l'on découvre d'ici ?

BTHELWOOB.

Oui.

CATHERINE

Est-ce qu'on peut apercevoir le palais de White- Hall?

BTHELWOOB.

Le voici.

CATHERINE

Cesl la résidence royale, n'est-ce pas ?

BTHELWOOB.

Pendant l'hiver; l'été, le roi habite Greemnch.

CATHERINE

C'est dans ce palais que fut conduite Anne de Boulen lorsqu'elle monta sur le trône?

BTHELWOOB.

C'est vrai.

CATHEBJQIB.

Anne de Boulen était de petite noblesse, je crois; ce fut le roi qui la fit marquise de Pembroke, lorsqu'elle n'était encore que dame d'honneur de Catherine d'Aragon?

BTHELWOOB.

Pourquoi me fais-tu ces questions?

CATHERINE

C'est que l'on m'a raconté que lorsqu'elle se rendit du palais de Greeowich à Londres, elle avait une suite royale; elle remonta, m'a -t- on dit, la Tamise dans une barque aux armes d'Angleterre , suivie de cent autres bateaux remplis les uns d'officiers de la maison du roi, les autres de dames nobles et de musiciens : dis-moi, est-il vrai que, lorsqu'elle mit le pied sur la rive, on lui jeta sur les épaules un manleau de reine , et qu'elle monta dans une litière de satin blanc ouverte de tous cotés, afin que le peuple pût contemplera son aise celle qui allait régner sur lui? C'est Kennedy qui m'a raconté tout cela.

BTHELWOOB.

Elle ne t'a pas trompée.

CATHEBINE.

Aux deux côtés de sa litière, n'est-ce pas, marchaient le connétable et le grand maréchal ; derrière elle venaient les femmes de la grande noblesse d'Angleterre, les ambassadeurs de France et de Venise, puis trois cents gentilshommes montés sur de magnifiques chevaux? —(Remarquant te regard flse et étonné d'Ethelwood.) N'est-ce pas, vêtue de ce magnifique costume, et avec cette suite splendide, qu'Anne de Boulen arriva à la porte du palais de White-Hall où l'attendait le roi ?

BTBBLWOOB.

Et trois ans après elle sortit par la même porte vêtue de noir et accompagnée d'un seul prêtre pour

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