‹ Œuvres, vol. 2Chapitre 716 sur 999 · SCÈNE II · texte numérisé non relu

SCÈNE II

Les fbbcébeïits; LES MEMBRES DU PARLEMENT.

(Les membres du parlement entrent; tandis que le roi monte à son trône, ils se rangent au fond, )

8CSSEX, portant une clef sur un coussin de velours, s'agenouille devant le roi.

Sire, nous avons déposé hier dans la dernière demeure la dépouille mortelle de milord Ethdwood, marquis de Derby, duc de Dierham, pair d'Angleterre. C'était le dernier et le plus noble d'une noble et antique race, nous avons donc, selon l'usage et selon la loi, fermé sur lui la porte du tombeau, où il dort au milieu de ses pères : et moi, le plus jeune de la noblesse, j'ai été choisi pour vous en remettre la clef, car Votre Grâce, en qualité de roi d'Angleterre, est l'héritier naturel de toute noble famille qui s'éteint. Voici cette clef, sire ; elle a séparé hier pour toujours du monde des vivants l'un des plus nobles cœurs qui aient jamais" battu dans une poitrine anglaise.

HllfBI.

Merci, comte de Sussex. Mettez ce coussin et cette clef sur cette table. — {Un huissier lui prend le coussin des mains et Je dépose.) Merci, messieurs et milords. Vous avez perdu un collègue, et moi un ami ; et je pense, comme vous le pensez sans doute, que pour vous et pour moi, c'est une perte irréparable. Je reçois ces biens et ces titres, non comme un héritage , mais comme un dépôt!... Vienne un homme qui les mérite par une loyauté pareille, par un courage égal, celui-là sera son véritable héritier!... Allez, messieurs et milords, nous vous remercions encore une fois, et prions Dieu qu'il

CATHERINE HOWARD

tous ait en sa sainte et digne garde. — (Les pairs s'inclinent et $e retirent lentement.)— ( A Marguerite.) Tu vois , Marguerite , ces hommes qui s'éloignent ? c'est la réunion de ce que la noblesse d'Angleterre a de plus pur, de plus brave et de plus puissant. Eh bien ! choisis parmi eux, et quel que soit l'homme de ton choix, je te jure qu'il ajoutera à ses titres, ceux de marquis de Derby et de duc de Dierham , et à ces honneurs , celui de deviner le beau-frère de Henri d'Angleterre.

MARGUERITE

Merci ! Henri. Le monde vous connaît mal, tous êtes bon. Non ! le cœur qui a aimé Etbelwood n'aimera plus personne que Dieu!... et de toutes les richesses, et de tous les biens de ce monde, je ne veux rien, — ( A part, et prenant la clef. ) rien que la clef de ce tombeau. — (Haut.) Adieu, Henri, mon frère bien-aimé, adieu!...

(Elleêort.)

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